ZurichViolée par son mari: «Je n'ai jamais été heureuse»
La justice zurichoise a condamné un Pakistanais à 32 mois de prison pour avoir abusé de son épouse à plusieurs reprises.
- par
- ofu

Le prévenu devra verser un dédommagement de 6000 francs à sa future ex-femme.
«A la fin, ce n'était plus possible.» Interrogée la semaine dernière par le Tribunal de district de Zurich, une jeune Pakistanaise de 31 ans a expliqué qu'au fil du temps son mariage a tourné au calvaire. En cause: son mari, un compatriote de 52 ans vivant en Suisse depuis 1998 et percevant une rente AI depuis 2004 à cause d'une maladie aux poumons et au cœur ainsi que d'un trouble du comportement.
Selon le «Tages Anzeiger», tout a commencé en 2015 lorsque l'accusé a fait venir son épouse en Suisse pour qu'elle prenne soin de lui. Les deux s'étaient dit «oui» en 2011 dans le cadre d'un mariage arrangé. Au début, explique la femme, leur vie à deux s'est déroulée normalement. Et cela malgré le fait qu'ils vivaient dans un studio de 20 mètres carrés. La situation se serait dégradée lorsque son époux a appris qu'il ne pouvait pas avoir d'enfants.
Privée de sommeil
Avec le temps, la trentenaire se rappelle avoir dû non seulement s'occuper de lui, mais également lui procurer des drogues et être à sa disposition à tout moment. Et cela même lorsqu'elle rentrait tard le soir après son travail. Si elle avait le malheur de lui refuser un rapport sexuel, il s'amusait à laisser la lumière allumée dans la chambre pour qu'elle ne puisse pas dormir. Ou alors il lui criait dessus ou appelait sa famille au Pakistan pour se plaindre du fait que sa femme refusait de coucher avec lui. A plusieurs reprises, il aurait aussi menacé de la tuer, écrit le quotidien alémanique. Il aurait dit à ses proches qu'en cas de meurtre il ne pourra pas être tenu pour responsable de ses actes parce qu'il souffre d'une maladie psychique.
Pour toutes ces raisons, la Pakistanaise se serait finalement laissée faire. Elle a expliqué à la Cour que son mari avalait avant chaque viol une pilule de Viagra et s'enduisait le pénis d'un liquide censé retarder l'éjaculation. «Dès que j'ai été mariée, je n'ai jamais été heureuse.»
«Ma femme ment»
Quant à l'accusé, qui a entre temps déposé une demande de divorce au Pakistan, il a rejeté en bloc les accusations dressées contre lui. Il a assuré ne jamais l'avoir menacée, battue et encore moins violée. Selon lui, les rapports étaient consentis, d'autant plus que les deux voulaient à tout prix avoir des enfants. «Ma femme ment», a-t-il souligné. Le quinquagénaire pense que son épouse l'a épousé uniquement pour pouvoir vivre en Suisse.
La justice a finalement condamné l'homme pour viols, menaces et séquestration. Il a écopé de 32 mois de prison, dont 6 ferme. La partie plaignante avait demandé 72 mois de prison. La juge a justifié cet écart notamment par le fait que le couple a eu des rapports consentis entre les viols. Le prévenu devra verser un dédommagement de 6000 francs à sa future ex-femme.
On ignore si le prévenu et/ou la procureure feront recours contre ce jugement.