Genève: Violence en hausse contre le personnel de l'hôpital
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GenèveViolence en hausse contre le personnel de l'hôpital

Les HUG renforcent le soutien à leurs collaborateurs victimes d'agressions physiques. Ils vont aussi davantage solliciter la justice.

par
David Ramseyer
photo: Keystone/Martial Trezzini

Tentative de strangulation, claques, coups de poing voire de couteaux. Les actes de violence contre les infirmiers et aides-soignants principalement ont augmenté à l'Hôpital cantonal depuis deux ans, a indiqué la direction ce jeudi. En 2014, 21 cas ont été recensés. Cette année, ce chiffre a déjà été dépassé en juillet. Pour 2016, les HUG prévoient ainsi une quarantaine de cas.

«C'est intolérable!», s'insurge le directeur de l'institution. Bertrand Levrat précise aussi que «la majorité des agressions a nécessité une intervention du service de sécurité des HUG». Ces actes de violence, qui touchent surtout les Urgences et le service de psychiatrie, sont perpétrés par des patients ou leurs proches. Des couteaux, des sabres, même une hache et un pistolet ont été confisqués.

Actions en justice

Alors qu'auparavant, la victime saisissait généralement seule la justice en cas d'agression physique, désormais l'Hôpital va lui aussi porter systématiquement plainte. Autres mesures présentées par l'institution: un renforcement du soutien psychologique aux employés ainsi que de la formation, notamment pour désamorcer les conflits. Des moyens humains ou financiers ont déjà été réattribués dans ce domaine et des aides externes sont prévues. Parallèlement, les HUG encouragent leurs collaborateurs a signaler systématiquement les actes de violence.

Une campagne d'affichage au slogan évocateur a aussi débuté aujourd'hui dans les bâtiments hospitaliers: «Vous n'êtes pas ici pour subir un mauvais traitement, nous non plus». Enfin, l'organisation a été également modifiée, avec par exemple la présence permanente d'un agent de sécurité au sein des Urgences, la nuit.

La confrontation plutôt que le dialogue

Selon Bertrand Levrat, la hausse des violences contre le personnel médical «est le reflet de l'évolution de notre société où les rapports humains se durcissent». Une agressivité qu'illustre le directeur des soins aux HUG, André Laubscher: «aux Urgences, il n'est pas rare que des patients exigent d'être tout de suite pris en charge en soulignant payer très cher leur assurance-maladie»; et ce, même si leur état de santé ne justifie pas une intervention immédiate. Selon le haut-cadre, la consommation d'alcool ou de drogue jouent aussi un rôle dans l'augmentation des agressions.

L'Hôpital entend cependant privilégier le dialogue pour endiguer les violences physiques de certains patients: «Si vous êtes mécontents, souligne Bertrand Levrat, nous sommes là pour vous écouter.»

Nombre d'agressions stable au CHUV

Difficile de comparer les grands hôpitaux genevois et vaudois en matière de violences contre les employés: critères et méthodes de comptage divergent. Le CHUV dénombre une trentaine de cas par an «jugés graves», soit "une atteinte physique ou l'emploi d'une arme". Un chiffre stable, souligne-t-il. "Il y ici une vraie culture de la sécurité", note l'institution. Au programme: formations spécifiques et séances régulières sur la violence, soutien psychologiques au personnel. Et comme à Genève, dépôt de plainte systématique de l'institution en parallèle de celle des employés agressés. L'hôpital lausannois effectue aussi des exercices avec la police et a renforcé les effectifs de sécurité aux Urgences.

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