Actualisé 21.08.2008 à 20:49

EtudeViolence sexuelle: la moitié des agresseurs sont des copains

La violence sexuelle entre jeunes n'a pas augmenté entre 1999 et 2007, mais se déroule plus souvent dans l'espace public.

Près de la moitié des agresseurs sont des copains de la victime, qui ne porte plainte que dans 5 % des cas.

L'Université de Zurich a interrogé au total 5000 élèves de 15-16 ans à l'occasion de deux sondages, le premier en 1999 et le second en 2007. Les résultats ont été présentés jeudi.

En 2007, plus de 4 % (4,3) des élèves ont indiqué avoir été victimes d'une agression sexuelle - de l'attouchement au viol - les 30 derniers mois. Un taux relativement bas en comparaison des vols (9 %), du chantage (5,3 %) et des lésions corporelles (18,4 %).

Les agresseurs: des copains

Toutefois, les filles sont beaucoup plus souvent victimes de violences sexuelles que les garçons: 7,8 % d'entre elles ont en déjà subi une ou plusieurs fois. Les agresseurs, tous de sexe masculin, étaient des copains dans 45 % des cas, soit des mineurs.

On comparant les chiffres de 1999 et 2007, on constate qu'il n'y a pas eu de hausse de la violence sexuelle entre jeunes, a relevé jeudi devant les médias le sociologue Manuel Eisner. Ce qui a changé, c'est le cadre dans lequel les actes se déroulent.

Alors qu'en 1999, les agressions sexuelles se concentraient à l'intérieur des murs familiaux, elles ont lieu aujourd'hui plus souvent dans des espaces publics: à l'école (17,8 %), dans les transports publics ou aux stations (12,6 %) ou pendant les sorties (15,4 %).

Plainte dans 5 % des cas

Les victimes gardent souvent le silence, ou ne parlent de l'agression qu'à une bonne copine (57,3 %). Néanmoins, 42 % d'entre elles se confient à leur mère ou à un enseignant. Elles ne portent plainte que dans 5 % des cas. La proportion des plaintes est beaucoup plus petite que pour les autres formes de délits, relève Manuel Eisner.

Les victimes renoncent à porter plainte parce qu'elles ont le sentiment «que ce n'est pas si grave» (36 %) ou parce qu'elles ne veulent pas avoir affaire à la police (32 %).

L'étude tord le coup à certains clichés. Les agressions ne sont que très rarement filmées avec le téléphone portable (seuls deux cas sur 830 au total), et la violence sexuelle ne connaît de fossé ville-campagne. (ats)

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