Actualisé 23.06.2020 à 00:21

France

Violences à Dijon: 9 nouvelles interpellations

Une opération policière a permis d’arrêter neuf personnes impliquées dans les violences à Dijon et de saisir des armes et de la drogue.

Manifestation contre le préfet de Côte d’Or à Dijon le 20 juin 2020.

Manifestation contre le préfet de Côte d’Or à Dijon le 20 juin 2020.

AFP

Les autorités françaises ont annoncé lundi avoir interpellé neuf autres personnes et découvert des armes lors d’une opération à Dijon (est), secouée par des violences du 12 au 15 juin dans lesquelles étaient impliqués des membres de la communauté tchétchène.

Neuf personnes ont été interpellées et placées en garde à vue dans le quartier sensible des Grésilles et à Saint Apollinaire, dans la banlieue de Dijon, a indiqué le procureur Eric Mathais dans un communiqué.

L’opération a permis de saisir trois carabines démontées et des sacs contenant entre 2 et 3 kg de cartouches, ainsi que des tubes servant de lanceurs à tirs de mortiers, armes souvent utilisées contre les forces de l’ordre. Du cannabis, de la cocaïne, de l’héroïne et un peu plus de 2 kg de produits de coupe ont également été saisis.

Ces interpellations concernent les violences du 15 juin, lorsque des hommes encagoulés avaient effectué une démonstration de force dans le quartier populaire des Grésilles, munis de ce qui semblait être des fusils d’assaut ou des pistolets automatiques, s’en prenant à des caméras de sécurité et incendiant des véhicules.

Le calme est revenu

Ces violences faisaient suite à trois nuits mouvementées à Dijon, ville habituellement calme, où des membres de la communauté tchétchène avaient mené des expéditions punitives pour se venger de l’agression d’un adolescent, selon eux, par des habitants des Grésilles.

Déjà vendredi, la police avait saisi de la résine de cannabis, un couteau, 25 cocktails molotov, ainsi que des plaques minéralogiques belges, une motocross, des gants et des cagoules.

Le calme est revenu depuis mardi et le père tchétchène de l’adolescent agressé a demandé que cessent ces violences.

Pour les expéditions punitives, trois Tchétchènes avaient été interpellés la semaine dernière et sont en détention provisoire. Un quatrième suspect a également été interpellé mais est resté libre sous contrôle judiciaire.

«Ferme condamnation»

Des associations tchétchènes ont «condamné fermement» lundi soir à Strasbourg les expéditions punitives, tout en déplorant les «clichés» véhiculés contre les Tchétchènes. «Nous sommes en France, nous devons respecter la loi française», a déclaré lors d’une conférence de presse Zelimkhan Chavkhalov, membre de l’Association tchétchène d’intégration (ATI).

Selon lui, les tensions à Dijon, auraient pour origine l’agression d’un jeune issu de la communauté tchétchène à qui l’on aurait mis un pistolet «dans la bouche» en lui disant: «tu diras à tous tes compatriotes qu’on fera la même chose avec eux». Selon des participants aux expéditions punitives lancées par des membres de la communauté tchétchène, les agresseurs seraient des dealers d’origine maghrébine du quartier dijonnais des Grésilles.

«Nous voulons passer un message de paix et de respect envers toutes les communautés», a tempéré Chokuev Naourbek, directeur de l’association Vivre. «On est en bons termes avec la communauté maghrébine», a renchéri Shamil Albakov, porte-parole de l’Association Tchétchènes d’Europe, qui fédère une trentaine d’associations sur le continent.

Vendredi, le dirigeant de la Tchétchénie, Ramzan Kadyrov, a qualifié de «corrects» les actes des membres de sa communauté en France. Il a argué que ces derniers avaient agi de cette manière puisque «les autorités locales n’ont pas pu mettre de l’ordre» elles-mêmes.

(AFP/NXP)

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