Genève: Violences en soirée: «Enfin un lieu pour les victimes»
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GenèveViolences en soirée: «Enfin un lieu pour les victimes»

Une permanence juridique accueillera gratuitement les noctambules et le staff des clubs pour répondre aux questions liées aux agressions sexistes et sexuelles.

par
Leïla Hussein
La permanence sera ouverte le 1er mercredi et le 3ème samedi de chaque mois. Les boîtes de nuit saluent la démarche.

La permanence sera ouverte le 1er mercredi et le 3ème samedi de chaque mois. Les boîtes de nuit saluent la démarche.

Getty Images/iStockphoto

La nouvelle est applaudie par les acteurs du monde de la nuit. Dès samedi, une permanence juridique accueillera gratuitement les victimes de violences sexistes et sexuelles en soirée. «C’est vraiment super. On va pouvoir rediriger les personnes vers un lieu adéquat», s’enthousiasme Melina Johnsen, du Grand Conseil de la Nuit, qui regroupe une vingtaine de clubs genevois. À l’origine de cette initiative: l’association We Can Dance It. Active dans toute la Suisse romande depuis cinq ans, elle sensibilise les établissements nocturnes à diverses problématiques: discriminations, questions de genre, violences, drogue, harcèlement.

Désormais, deux fois par mois à la rue du Cendrier, deux juristes offriront des séances d’écoute, d’aide, et d’accompagnement. «Lorsqu’on a nous-mêmes été victimes de violences, on n’a jamais été soutenues correctement. Il manquait un lieu spécialement destiné aux personnes qui fréquentent et qui travaillent dans le milieu de la nuit», confie Anaïs Potenza, la coordinatrice de We Can Dance It. En effet, si les noctambules sont les bienvenus, le staff des lieux festifs aussi.

Un timing parfait

De l’avis de tous, cette ouverture arrive à point nommé compte tenu de l’actualité. «Tout le monde se sent démuni face à ces problèmes de drogues», confie Alicia Paladino, programmatrice du Romandie à Lausanne. Depuis l’année dernière, plusieurs cas d’intoxication au GHB (la drogue du violeur) ont été dénoncés en Suisse romande. Plus récemment, ce sont les piqûres de seringues qui inquiètent. À Balélec, la semaine dernière, cinq festivaliers ont signalé un incident. Une plainte a même été déposée.

«Savoir qu’il existe un lieu pour aider ces personnes, ça nous enlève une pression», poursuit la responsable. «On est soulagés», abonde Melina Johnsen. Résultat: les boîtes de nuit jouent le jeu et ont déjà partagé la nouvelle sur leurs réseaux sociaux. «Je suis sûre que ça va bien marcher», assure la représente du Grand Conseil de la Nuit.

«Peur et insécurité»

En effet, du côté des fêtards, le besoin se fait aussi sentir. «Nous avons reçu beaucoup de demandes. Il y a une peur et un fort sentiment d’insécurité en ce moment», observe Anaïs Potenza. Paradoxalement, ce sont les récents événements qui ont permis l’ouverture de cette permanence. «Cela fait plusieurs années que nous y pensons, mais nous n’avions pas les fonds. Si nous avons pu concrétiser le projet, c’est parce que les donateurs sont beaucoup plus sensibles à la problématique aujourd’hui.»

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