Zurich: Violences verbales contre les profs dès la maternelle
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ZurichViolences verbales contre les profs dès la maternelle

Tous les enseignants interrogés par une chercheuse se disent victimes de violences, surtout verbales, de la part de leurs élèves. Dans le canton de Vaud, ce phénomène concerne des écoliers de plus en plus jeunes.

par
Maja Sommerhalder/Olivia Fuchs

«Il n'est quand même pas normal qu'il faille attendre une fusillade pour que la violence à l'école ne soit plus un sujet tabou», s'inquiète la chercheuse Katja Iseli dans les colonnes de la «Basellandschaftlichen Zeitung». Les résultats de sa thèse de doctorat sont alarmants: les 367 enseignants suisses interrogés affirment être victimes de violences de la part de leurs élèves.

Et cela au moins une fois par mois. Dans la grande majorité des cas, il s'agit d'agressions verbales: «C'est extrêmement douloureux pour les enseignants de subir les moqueries de leurs élèves», explique Katja Iseli, qui précise que moins de 10% des professeurs sont victimes de violences physiques. «Les enfants ne sont pas plus gentils qu'avant, mais la majorité se comporte convenablement», relativise le président de la société pédagogique vaudoise, Jacques Daniélou. S'il rappelle que les attaques verbales contre les profs ont toujours existé, il se dit «inquiet» de constater que ce phénomène concerne des écoliers de plus en plus jeunes: «Contrairement à avant, nous avons toujours plus souvent des cas où des petits à l'école enfantine envoient péter leurs enseignants.» Selon lui, le manque d'encadrement familial et le divorce peuvent être la cause de ses attaques verbales toujours plus précoces.

«Je me faisais bombarder de gommes»

«Les instituteurs n'inspirent plus autant de respect qu'avant», explique Katja Iseli. «Il est vrai que l'école n'est plus autant respectée qu'avant», confirme également Jacques Daniélou. De nos jours, se plaindre peut également être considéré comme une faiblesse, ajoute la chercheuse. Une ancienne enseignante d'une école secondaire, qui souhaite rester anonyme, confirme: «Je me faisais bombarder de gommes par mes élèves.» Lorsqu'elle a signalé l'affaire, la direction lui a reproché de ne «plus arriver à gérer sa classe».

Beat Zemp, président de la faîtière des enseignants, ne pense pas que la violence de la part des élèves soit le problème principal des professeurs: «Les conflits font partie de cette profession. Il faut être coriace et ne pas se laisser abattre facilement.»

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