Affaire Clearstream: Violent échange entre Villepin et l'avocat de Sarkozy
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Affaire ClearstreamViolent échange entre Villepin et l'avocat de Sarkozy

Un vif échange a opposé mercredi Dominique de Villepin et l'avocat de Nicolas Sarkozy au procès de l'affaire Clearstream. Les mots ont dérapé jusqu'à l'évocation du supposé «cabinet noir de l'Elysée» des années 1990.

Me Thierry Herzog, qui représente le chef de l'Etat, partie civile dans l'affaire, a posé plusieurs questions où il accusait implicitement l'ancien Premier ministre d'avoir détruit des preuves et d'avoir fait pression sur la justice pour tenter de compromettre son rival.

Dominique de Villepin s'est emporté. «Je crois qu'on peut poursuivre dans la calomnie et la rumeur, elle chemine, elle chemine (...) Mais à un moment, il y a le sens de l'Etat».

Il a accusé Nicolas Sarkozy d'avoir «menacé» des hauts fonctionnaires de police et des ministres pour que l'affaire aboutisse à sa mise en cause.

«Cellule juridique»

Me Herzog et Dominique de Villepin ont ensuite eu un échange où il a été fait allusion à l'époque où ils travaillaient ensemble à l'Élysée entre 1995 et 2002 dans une «cellule juridique», qui a été accusée de «déminer» les enquêtes judiciaires visant Jacques Chirac.

«J'ai bien connu Me Herzog quand j'étais secrétaire général de l'Elysée et il était moins agressif», a dit le prévenu à l'avocat du président de la République.

Me Herzog a répondu: «Des liens confidentiels avec mon client m'interdisent de répondre». Ce à quoi Dominique de Villepin a répliqué: «Ce n'est pas uniquement en qualité d'avocat que vous agissiez».

Me Olivier Metzner, avocat de Dominique de Villepin, a demandé à l'audience à Me Herzog «d'arrêter de prendre les gens pour des cons et de poser trois fois les mêmes questions».

«Est-ce que c'est un avocat ou le président de la république qui parle ainsi à un ancien Premier ministre?», a demandé Me Metzner. Le président du tribunal a finalement demandé à Thierry Herzog de se limiter aux questions n'ayant pas déjà été posées, ce qui l'a contraint à écourter son intervention.

(ats)

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