Actualisé 23.10.2012 à 08:45

Grande-Bretagne

Violenter une fille, c'est si banal

Faire l'apologie du viol ou kidnapper une étudiante sur un campus: ces actes, à la limite de l'illégalité, deviennent plus fréquents.

de
Muriel Risse
Les soirées à thèmes sont souvent l'occasion, pour les filles, de se vêtir de façon très légère.

Les soirées à thèmes sont souvent l'occasion, pour les filles, de se vêtir de façon très légère.

Créé en 2010, «Uni Lad» est un site internet qui promeut la «lad culture», une tendance à considérer les femmes comme des objets destinés à assouvir les besoins masculins. Parmi les perles, on peut y lire: «75% des femmes sont des putains et baisent au premier rencard. Si vous tombez sur une fille qui fait partie des 25% restants, sachez que 85% des viols ne sont pas signalés, ça vous laisse de bonnes chances.» Paradoxalement, certaines souscriraient à ces propos puisque, selon ces phallocrates des campus, il y aurait de nombreuses «Ladettes», entendez des adeptes du genre.

Le «slut-drop», une pratique qui s'assimile à du kidnapping

Autre pratique: le «slut-drop» (littéralement «laisser tomber la salope»). Le principe? Abandonner une jeune fille dans un lieu isolé et filmer son désaroi. Les potaches font la tournée des clubs au petit matin et proposent de raccompagner leur proie en voiture. Inscrite à la fac, Laura Bates, tient un blog de soutien à ses compagnes d'infortune: «D'un côté, on nous assure qu'il est normal de s'habiller comme une prostituée pour sortir et de l'autre, certains garçons, désorientés par ces accoutrements, tournent cela en dérision», écrit-elle.

Face à la banalisation des violences faites aux femmes, les autorités du royaume ne disposent pas de bases légales pour sévir. Par exemple, Unilab.com avait été momentanéement contraint à la clôture en février dernier, après un scandale. Aujourd'hui, il diffuse ses messages malveillants en toute quiétude.

Soirées déguisées riment avec misogynie

«Proxénètes et filles de joie», «CEO et secrétaires chaudasses», «Geeks et salopes». Tels sont les noms des soirées estudiantines qui fleurissent en Grande Bretagne. Carnage UK, organisatrice de fêtes costumées à travers tout le pays, doit son succès à ces épithètes misogynes, explique «The Guardian». «Quand les filles viennent déguisées de cette manière, les garçons pensent qu'il y aura forcément un moyen pour qu'elles se déshabillent», déplore Alys Cook, membre de l'association des étudiants de Sheffield. Peu répandus hors du pays, ces bals thématiques n'ont pas cours en Suisse romande, selon des tenanciers de nightclubs.

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