Actualisé 23.10.2016 à 03:26

SyrieViolents combats à Alep après la fin de la trêve

Les tirs ont repris dans plusieurs quartiers de la ville samedi soir, après la période de cessez-le-feu décrétée par la Russie.

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Un accord a été conclu «sous la houlette de la Russie et de la Turquie» pour évacuer les civils et les rebelles à Alep. (13 décembre 2016)

Un accord a été conclu «sous la houlette de la Russie et de la Turquie» pour évacuer les civils et les rebelles à Alep. (13 décembre 2016)

AFP
Les rebelles se sont retirés lundi de six nouveaux quartiers importants d'Alep face à l'avancée de l'armée syrienne rapporte l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH). Ils ne sont plus que dans une petite poche dans la deuxième ville de Syrie. La prise d'Alep n'est «plus qu'une question de temps», selon l'OSDH. (12 décembre 2016)

Les rebelles se sont retirés lundi de six nouveaux quartiers importants d'Alep face à l'avancée de l'armée syrienne rapporte l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH). Ils ne sont plus que dans une petite poche dans la deuxième ville de Syrie. La prise d'Alep n'est «plus qu'une question de temps», selon l'OSDH. (12 décembre 2016)

AFP
Plus de de 10'000 civils ont fui les quartiers rebelles d'Alep depuis minuit en raison des violents bombardements. (Dimanche 11 décembre 2016)

Plus de de 10'000 civils ont fui les quartiers rebelles d'Alep depuis minuit en raison des violents bombardements. (Dimanche 11 décembre 2016)

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La trêve «humanitaire» de trois jours décrétée par la Russie et le régime syrien dans la ville d'Alep (nord de la Syrie) a été trop fragile pour permettre à l'ONU d'évacuer des blessés des quartiers rebelles.

Après avoir intensifié depuis le 22 septembre ses bombardements sur la partie Est de la ville et ses quelque 250.000 habitants, s'attirant des accusations de «crimes de guerre», la Russie avait décrété une pause dite «humanitaire» de trois jours, qui s'est terminée à 19H00 locale (16H00 GMT) samedi.

Cette trêve n'a pas permis à l'ONU d'évacuer 200 blessés bloqués dans les quartiers Est assiégés depuis juillet par Damas et ses alliés, qui avaient besoin de sortir d'urgence. Les Nations unies, qui avaient réclamé une prolongation du cessez-le-feu jusqu'à lundi, ont évoqué des conditions de sécurité insuffisantes.

Par ailleurs, les huit corridors établis par la Russie pour permettre aux habitants et aux rebelles qui le souhaitent de quitter les quartiers Est sont restés déserts. «Personne n'est sorti par les couloirs», a confirmé à l'AFP le directeur de l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), Rami Abdel Rahmane.

Les rebelles accusés par Moscou et le régime

Les autorités russes et les médias étatiques syriens ont accusé les rebelles d'avoir empêché toute sortie, le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov assurant que les combattants avaient recours «aux menaces, au chantage et à la force brute» pour bloquer les couloirs.

Peu après l'expiration de la trêve, de violents combats ont de nouveau éclaté entre les forces du régime et les rebelles. Des tirs d'artillerie, des combats ainsi que des frappes aériennes ont été signalés dans plusieurs quartiers de la deuxième ville de Syrie, devenue un enjeu majeur dans le conflit qui a fait plus de 300'000 morts depuis 2011.

Un correspondant de l'AFP dans les quartiers Est a confirmé avoir entendu des tirs d'artillerie secouant toute la zone. Trois personnes ont été blessées dans les zones rebelles, selon un premier bilan de l'OSDH.

Cette reprise des combats à Alep, déjà ravagée par des mois de bombardements, fait craindre une catastrophe humanitaire.

Alep, un «abattoir»

Les quatre dernières semaines de bombardements intenses du régime et de la Russie sur Alep-Est ont fait environ 500 morts et 2000 blessés, selon l'ONU, entraînant la destruction d'infrastructures civiles, notamment des hôpitaux.

Le Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l'Homme, Zeid Raad al-Hussein, avait estimé vendredi qu'Alep était devenue un «abattoir».

«Le régime et les rebelles ont chacun renforcé leurs effectifs militaires, ce qui nous fait craindre, en cas d'un échec du cessez-le-feu, une vaste opération militaire», a prévenu M. Abdel Rahmane.

La Russie avait accusé vendredi les rebelles de «profiter du cessez-le-feu» pour préparer une offensive de grande ampleur.

A Moscou, le porte-parole du président Vladimir Poutine, Dmitri Peskov, a justifié samedi l'intervention militaire russe en Syrie, soulignant dans un entretien avec la chaîne publique de télévision Rossia-1 la nécessité de «libérer» ce pays des djihadistes , tout en maintenant le président Bachar el-Assad au pouvoir.

Attaque chimique

A New York (Etats-Unis), le Conseil de sécurité des Nations unies avait reçu vendredi soir un rapport confidentiel concluant que l'armée syrienne avait mené une nouvelle attaque à l'arme chimique, sans doute au chlore, à Qmenas, dans la province d'Idleb (nord-ouest), contrôlée par les rebelles, le 16 mars 2015.

Au total, sur les neuf attaques chimiques présumées étudiées par les experts onusiens, trois ont été attribuées au régime syrien et une au groupe djihadiste, Etat islamique (EI), au gaz moutarde, à Marea, près d'Alep, en août 2015.

Le chef de la diplomatie française Jean-Marc Ayrault a réclamé samedi l'adoption au Conseil de sécurité d'une résolution condamnant l'usage d'armes chimiques en Syrie et prévoyant des «sanctions» contre les auteurs de ces actes «inhumains».

Washington en colère

Washington a également condamné ces attaques. «Nous condamnons dans les termes les plus forts le mépris du régime (du président syrien Bachar el-Assad) pour les normes internationales, établies de longue date, concernant l'utilisation des armes chimiques, de même que la soustraction de la Syrie aux responsabilités découlant de son adhésion à la Convention sur l'interdiction des armes chimiques en 2013», a expliqué Ned Price, porte-parole du Conseil de sécurité nationale à la Maison Blanche, dans un communiqué.

«Le régime syrien a violé la Convention sur l'interdiction des armes chimiques et la résolution 2118 du Conseil de sécurité des Nations unies en utilisant du chlore industriel comme arme contre son propre peuple», a-t-il poursuivi.

Ned Price s'en est également pris à la Russie, dont «le soutien militaire et économique qu'elle apporte à la Syrie permet au régime Assad de poursuivre ses campagnes militaires contre son propre peuple».

Au nord d'Alep, les combattants des Forces démocratiques syriennes (FDS), une coalition arabo-kurde, se sont retrouvés dans plusieurs villages sous un déluge d'artillerie de l'armée turque et de ses groupes rebelles alliés, selon l'OSDH.

La Turquie a lancé le 24 août une offensive sans précédent en Syrie, baptisée «Bouclier de l'Euphrate». Elle vise à chasser de la frontière les djihadistes de l'EI, ainsi que les rebelles kurdes. (nxp/afp)

(NewsXpress)

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