Actualisé 01.10.2012 à 23:24

SyrieViolents combats dans les souks d'Alep

De violents combats entre rebelles et soldats se sont déroulés lundi pendant plusieurs heures dans les souks historiques d'Alep, deuxième ville de Syrie.

De violents combats entre soldats et rebelles ont à nouveau secoué lundi les souks d'Alep, joyau historique classé par l'Unesco dans la deuxième ville de Syrie. Des raids aériens ont parallèlement encore coûté la vie à des enfants dans le nord-ouest du pays.

Les ruelles de la Vieille Ville d'Alep se sont transformées en champ de bataille. Les incendies qui ont dévasté les souks couverts d'Alep depuis ce week-end se sont étendus à d'autres quartiers du centre historique de la capitale économique de la Syrie, selon des opposants. Lundi, des combats importants se sont déroulés pendant plusieurs heures.

«Le plus grand problème, c'est qu'on ne sait rien de nos échoppes, tout ce qu'on sait, on l'apprend par le bouche à oreille», se lamente un marchand de ficelles qui estime sa marchandise à des millions de livres syriennes. Classés au patrimoine mondial de l'humanité par l'Unesco en 1986, avec la vieille ville d'Alep, les souks et leurs quelque 1550 échoppes étaient depuis des siècles l'un des centres névralgiques du commerce au Moyen-Orient.

«Guérilla urbaine»

«C'est de la guérilla urbaine. Je ne peux imputer la responsabilité de ces incendies précisément à aucun des deux camps», a affirmé un militant rebelle. «Les rebelles contrôlent désormais 90% de la Vieille Ville», selon cet opposant contacté par Skype. Un chiffre impossible à nuancer via d'autres sources fiables.

Les portes de bois des échoppes, remplies d'étoffes et de broderies, s'étaient rapidement consumées après les premiers combats samedi. Cinq de la quarantaine des marchés du souk, comme le souk des femmes, celui de l'or ou encore celui des abayas, ont été entièrement détruits, selon des témoins.

Mais il était très difficile d'estimer les dégâts en raison des combats et le peu de sources disponibles pour établir des bilans plus précis. La France a elle exprimé lundi sa «vive condamnation suite à la destruction par les flammes du marché médiéval d'Alep causée par de violents bombardements».

Des violences ont eu lieu ailleurs dans le pays. Plus au nord- ouest, à Idleb, province voisine d'Alep, au moins 21 civils, dont huit enfants, auraient été tués dans un raid aérien mené par les troupes du régime de Bachar al-Assad sur la localité de Salqine, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH) et des militants.

18 soldats tués dans une embuscade

Au moins 18 soldats syriens ont été tués lundi dans une embuscade qui leur a été tendue par des rebelles sur la route Homs-Palmyre, dans le centre de la Syrie, rapporte l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

«Au moins 18 soldats ont été tués et plus de 30 ont été blessés dans (...) une embuscade tendue à leur convoi, qui comprend des bus, des camions et des véhicules, circulant sur la route Homs-Tadmor (Palmyre)», a précisé l'ONG qui se base sur un réseau de militants et de médecins à travers le pays.

Damas accuse Washington, Paris et Ankara

Le ministre syrien des Affaires étrangères Walid Mouallem a accusé lundi les Etats-Unis, la France et la Turquie «d'encourager et de soutenir le terrorisme en Syrie».

Devant l'Assemblée générale de l'ONU, M. Mouallem s'est interrogé sur «les déclarations du Qatar, de l'Arabie saoudite, de la Turquie, des Etats-Unis, de la France qui encouragent et soutiennent clairement le terrorisme en Syrie en (lui) fournissant de l'argent, des armes et des combattants étrangers».

Evoquant la médiation de Lakhdar Brahimi, il a souligné que «la réussite de tout effort international (pour régler la crise syrienne) requiert, en plus de l'engagement du gouvernement syrien, d'obtenir des Etats qui soutiennent les groupes armés (en Syrie), en particulier la Turquie, l'Arabie saoudite, le Qatar, la Libye et d'autres, de cesser d'armer, financer, entraîner et accueillir des groupes terroristes». Ces pays devraient au contraire «promouvoir le dialogue et le renoncement à la violence».

Plus largement, M. Mouallem a appelé «tous les pays représentés dans l'Assemblée générale à faire pression pour mettre fin à la violence en obtenant que cessent l'armement, le financement ou l'entraînement des groupes terroristes».

Il a par ailleurs appelé «l'opposition nationale à travailler ensemble pour mettre fin à l'effusion de sang et à s'assoir à la table du dialogue» avec le gouvernement syrien, soulignant que Damas «continue de croire en une solution politique».

Il a aussi critiqué les sanctions internationales contre Damas, faisant valoir qu'elles «nuisent aux conditions de vie des citoyens syriens». «Comment peut-on imposer des sanctions contre les banques, le système de santé ou les transports et prétendre qu'on a à coeur l'intérêt des Syriens?», a-t-il lancé à la tribune de l'Assemblée.

Le chiffre des réfugiés grimpe

M. Mouallem a toutefois gardé le flou sur la détention d'un tel arsenal par le régime, deux mois après que Damas a reconnu pour la première fois posséder des armes chimiques. Le régime de Bachar al- Assad avait menacé de les utiliser en cas d'intervention militaire occidentale, mais jamais contre sa population.

S'agissant de la question des réfugiés, la Turquie a par ailleurs évalué dimanche à près de 100'000 le nombre de Syriens réfugiés sur son territoire. Ankara a réclamé une aide internationale pour continuer à les accueillir. Au total, 93'576 réfugiés sont logés dans treize camps dispersés dans le sud-est de la Turquie, frontalière avec la Syrie. (ats/afp)

Ban Ki-moon demande à Damas de la «compassion pour son propre peule»

Ban Ki-moon demande à Damas de la «compassion pour son propre peule»

Le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon a appelé lundi le régime syrien «à montrer de la compassion pour son propre peuple» en recevant le ministre syrien des affaires étrangères Walid Mouallem.

M. Ban a condamné «dans les termes les plus fermes» devant M. Mouallem la poursuite des violences et des violations des droits de l'Homme en Syrie, selon son porte-parole Martin Nesirky.

Le secrétaire général de l'ONU a une nouvelle fois mis en garde lundi Damas contre la tentation d'utiliser son arsenal d'armes chimiques, affirmant que cela aurait «des conséquences très néfastes».

«Je souligne une nouvelle fois la responsibilité fondamentale du gouvernement syrien de garantir la sécurité d'un tel arsenal», a-t-il déclaré à la presse. Il s'exprimait avant une réunion consacrée au 15e anniversaire de la Convention sur l'interdiction des armes chimiques organisée en marge de l'Assemblée générale de l'ONU.

«L'utilisation de telles armes serait un crime scandaleux, avec des conséquences très néfastes», a averti M. Ban: «Les armes chimiques n'ont pas leur place au XXIe siècle».

Un journaliste américain, disparu depuis août, apparaît sur une vidéo

Un journaliste américain pigiste, porté disparu depuis la mi-août en Syrie et probablement entre les mains du régime de Damas, est apparu lundi sur une vidéo diffusée sur Internet.

Un homme ressemblant à Austin Tice, un reporter-photographe américain de 31 ans, visiblement en état de grande détresse, est conduit les yeux bandés par des hommes chantant «Allah Akbar» en haut d'une colline, selon ce document vidéo de 47 secondes, de piètre qualité et intitulé «Austin Tice toujours vivant».

Les deux derniers employeurs de M. Tice, le journal The Washington Post et le groupe de presse McClatchy, qui édite des journaux américains comme le Miami Herald, ont confirmé que ces images mettaient en scène très probablement leur journaliste, mais sans pouvoir en dire plus sur son sort.

L'administration américaine, des diplomates et ses employeurs ont plusieurs fois déclaré qu'ils pensaient que M. Tice était détenu par les forces armées du régime du président syrien Bachar Bachar al-Assad.

«Nous avons toutes les raisons de croire que le gouvernement syrien va esquiver ses responsabilités, mais nous continuons de penser qu'il est entre ses mains», a commenté la porte-parole du département d'Etat, Victoria Nuland.

Les responsables du Washington Post et de McClatchy ont de nouveau appelé «ceux qui détiennent Austin à le relâcher immédiatement», car le jeune homme est "un journaliste qui a risqué sa vie pour raconter au reste du monde ce qui se passe en Syrie.

Ancien Marine en Afghanistan et en Irak, M. Tice est arrivé en mai en Syrie, entré depuis la Turquie, mais sans visa, une pratique courante chez les journalistes couvrant le conflit, selon le Washington Post. Après avoir voyagé avec des rebelles, il a rallié en août Damas, d'où on a perdu sa trace.

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