Actualisé 13.10.2012 à 09:13

EgypteViolents heurts entre pro et anti-Morsi

De violents incidents ont éclaté au Caire lors d'une manifestation contre acquittement de responsables du régime Moubarak. Plus de 100 personnes ont été blessées.

De violents incidents ont opposé partisans et adversaires du président islamiste Mohamed Morsi qui manifestaient séparément place Tahrir vendredi au Caire. Les manifestants se sont jeté des pierres, faisant au moins 110 blessés, selon le ministère de la Santé.

Il s'agit des premières violences de cette ampleur depuis l'élection du président Morsi en juin. A l'appel des Frères musulmans dont est issu M. Morsi, des centaines de personnes ont manifesté contre l'acquittement mercredi de figures de l'ancien régime accusées d'avoir envoyé des hommes attaquer les manifestants place Tahrir pendant la révolte ayant provoqué la chute de Hosni Moubarak, début 2011.

Une autre manifestation avait été convoquée par des militants laïcs pour réclamer la formation d'une nouvelle commission constituante plus représentative. La Haute cour administrative doit se prononcer mardi sur la légalité de la commission actuelle dominée par les islamistes.

Bus en feu

Les heurts ont commencé quand des partisans des Frères musulmans ont détruit le podium d'un groupe qui scandait des slogans anti- Morsi. Les violences ont eu lieu à plusieurs endroits de l'emblématique place Tahrir, épicentre de la révolte de 2011.

Des manifestants ont mis le feu à deux bus qui avaient été utilisés pour conduire des partisans des Frères musulmans sur la place, selon des témoins. «A bas le règne du Guide suprême», scandaient des manifestants anti-Morsi, faisant référence au numéro 1 de la confrérie islamiste Mohammed Badie.

Colère des juges

Les Frères musulmans ont démenti toute implication de leurs membres dans les heurts et assuré qu'aucun de leurs membres n'était sur place. Entre-temps, le président Morsi a promis que les anciens responsables de l'ère Moubarak acquittés mercredi seraient à nouveau jugés.

Le président fait face cependant à la colère des juges après qu'il eut démis de ses fonctions jeudi le procureur général Abdel Meguid Mahmoud, le nommant ambassadeur d'Egypte au Vatican.

M. Mahmoud était accusé par des militants de la révolte de 2011 de continuer de soutenir le régime Moubarak et d'avoir été à l'origine de l'insuffisance des preuves présentées par le parquet dans les procès de responsables accusés d'implication dans la mort de manifestants.

Mais le procureur général a déclaré jeudi qu'il restait à son poste, affirmant que «selon la loi, un membre du corps judiciaire ne peut pas être démis par le pouvoir exécutif». (ats)

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