Actualisé 21.10.2015 à 18:34

Genève

Viré de son propre appart, il tente d'en casser la porte

Un Tunisien dort dans son auto avec son bébé. Mardi, il a voulu récupérer son deux-pièces dans lequel vit une famille victime d'un logeur véreux.

de
Julien Culet/jef
Les deux familles se battent pour un appartement du quartier de la Servette.

Les deux familles se battent pour un appartement du quartier de la Servette.

«Seul, ça ne me dérangeait pas de dormir dans une voiture. Mais ce n'est pas possible avec un bébé.» Anis est à bout. Il est à la rue alors qu'il paie un loyer pour un deux pièces à la Servette. Voici trois mois qu'il a trouvé un couple d'Equatoriens et ses deux enfants installés chez lui en rentrant de Tunisie. Tous ont été victimes d'un logeur véreux (encadré). Les Sud-américains refusent de partir tant qu'ils n'ont pas de solution de repli.

Rejoint par sa famille dimanche, la situation est devenue intenable. Anis dit alors avoir voulu trouver un accord pour partager le logement mardi soir. «Ils ont refusé de m'ouvrir. J'ai pété les plombs, j'ai tenté de casser la porte pour entrer», admet-il. Ses coups de pied ont alerté les voisins, qui ont appelé la police. Les agents l'ont fait partir. L'affaire est depuis le début dans les mains de la justice. «Mais ça ne bouge pas. On veut que je fasse une chose grave, que ça fasse de moi un criminel», juge celui qui se dit «prêt à tout» pour la sécurité de sa fille.

L'avocat des Equatoriens informe que ses clients ont porté plainte. Il évoque des «menaces sérieuses» de la part d'Anis. «Ils sont terrifiés, rapporte Me Michael Anders. Je peux comprendre qu'il s'impatiente mais mener une action de terreur pour les faire fuir est inacceptable.» L'homme de loi insiste sur le fait qu'il y a deux victimes dans cette affaire. Anis «se trompe en se focalisant sur mes clients au lieu de l'escroc qui court toujours», selon Me Anders.

Situation bloquée

Alors qu'il partait en Tunisie, Anis a donné les clés de son appartement à un ami. Ce dernier a usurpé son identité et a fait signer un faux contrat de sous-location à une famille Equatorienne. Le Tunisien s'en est aperçu à son retour le 1er août. Il doit attendre que la justice se prononce, ce qui peut prendre du temps. «Mes clients veulent s'en aller mais c'est la croix et la bannière pour trouver un appartement pour quatre à Genève», indique l'avocat des Sud-américains.

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