Genève: Viré, le policier fasciné par le IIIe Reich fait recours
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GenèveViré, le policier fasciné par le IIIe Reich fait recours

Un gendarme, licencié en 2014 pour avoir fait l'apologie de l'Allemagne nazie, a saisi le Tribunal fédéral. Son avocat se dit confiant.

par
David Ramseyer
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Lors de la Coupe du Monde 2014, l'agent a posé devant son drapeau de la marine du IIe Reich. Un étendard sulfureux.

Lors de la Coupe du Monde 2014, l'agent a posé devant son drapeau de la marine du IIe Reich. Un étendard sulfureux.

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En juillet, l'homme a posté en photo de profil un montage de lui en juif orthodoxe. Accompagné de commentaires sarcastiques.

En juillet, l'homme a posté en photo de profil un montage de lui en juif orthodoxe. Accompagné de commentaires sarcastiques.

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«Il souhaite être réhabilité et entend récupérer ses acquis, notamment en matière de retraite anticipée». Le 22 octobre dernier, Me Pascal Junod a fait recours au Tribunal Fédéral de l'arrêt de la Cour administrative qui confirmait le licenciement fin 2014 de son client, un gendarme qui avait affiché sur Facebook sa fascination du nazisme sous le pseudonyme «Hussard Noir».

Selon l'homme de loi, la fin des rapports de service signifiée à cet «excellent policier» quinquagénaire se fondait uniquement sur «un jugement moral. Il s'agit d'un délit de pensée, sinon d'arrière-pensée. Mais dans l'exercice de ses fonctions, mon client n'a commis aucune faute». De son côté, le Département de la sécurité avait estimé que de manière générale, certains comportements étaient incompatibles avec la fonction exercée, nuisaient à l'État et ne pouvaient tout simplement pas être tolérés.

Le recours peut sembler tardif, trois ans après les faits. Pour Me Junod, cela est dû au fait que l'arrêt de la Cour «n'a été rendu que récemment», mais aussi à de longues enquêtes. Il a ainsi fallu établir précisément les états de service de l'ex-gendarme et vérifier s'il avait fait du prosélytisme ou eu des activités politiques. «Les conclusions de ces recherches sont favorables à mon client», assure l'avocat.

Contacté, le Département de la sécurité n'entend pas commenter une procédure en cours.

La "belle école" des SS

Sur les réseaux sociaux, l'ex-gendarme avait salué l'accession au pouvoir d'Adolf Hitler le 30 janvier 1933 - «le commencement de tout» - et souhaité un «joyeux anniversaire à notre Empire», lors des 80 ans de cet événement. Il avait aussi fait part de son admiration pour les camps d'entraînement des Waffen SS. Une "belle école", selon lui. Ce n'est pas tout, l'homme avait aussi publié des photos du Führer ainsi que des mises en scènes aux relents d'extrémisme.

Sur le plan pénal, aucune charge n'avait été retenue contre «Hussard Noir». Le procureur général genevois Olivier Jornot avait classé la procédure au printemps 2015, estimant que les écrits du policier ne violaient pas les dispositions pénales relatives à la discrimination raciale. «Etre fasciné par le nazisme n'est pas une infraction pénale. Reste à savoir si c'est compatible avec les valeurs de la police», avait déclaré le magistrat au journal "Le Matin".

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