Actualisé 22.12.2019 à 20:48

GenèveVisage fracturé au rugby: son adversaire est blanchi

Un rugbyman accusé d'avoir fracassé un adversaire a été acquitté. Impossible de prouver si le coup était voulu ou non.

de
Lucie Fehlbaum
Le joueur qui a donné le coup de pied portait des crampons de 18mm en aluminium.

Le joueur qui a donné le coup de pied portait des crampons de 18mm en aluminium.

Chellyar

Une même situation, deux visions opposées et rien pour les départager. Lors d'un match de rugby amateur joué en 2014 à Genève, un trentenaire du RC Genève Plan-les-Ouates a reçu un violent coup de pied à la tête. Opéré pour plusieurs fractures, il n'a plus jamais pu pratiquer le sport qu'il aimait.

Lundi dernier au Tribunal de police, un Tessinois du RC Lugano comparaissait pour lésions corporelles. Plaidant la maladresse, il a été acquitté. Impossible, dans la mêlée, de distinguer un coup rageur d'un geste gauche. Le Tribunal a donc retenu, à l'issue de l'audience, «la version la plus favorable au prévenu», faute de pouvoir en corroborer une.

Rien pour prouver

Il aurait fallu, par exemple, qu'un arbitre siffle une faute ou expulse le joueur. Or, l'action a continué. Un témoin aurait pu éclairer le Tribunal sur les faits. Le président du Rugby Club Genève Plan les Ouates, présent à l'audience, se «souvient du coup de pied. Tout le monde l'a remarqué. Mais je n'ai pas vu le déroulé de l'action.» La caméra qui filmait le match, enfin, aurait pu capter quelque chose. Malheureusement son angle était dirigé juste à côté de l'action jugée.

Coup inédit

Pour la victime, c'est sûr, ses blessures marquent la limite, parfois fine, entre jeu et agression. Familier des yeux au beurre noir, le trentenaire n'avait «jamais reçu un coup pareil.» Selon l'avocat du prévenu, ce dernier, qui entraîne des enfants, «ne prône pas la violence. Je vous garantis que si le coup de pied avait été intentionnel, le souper d'après-match n'aurait pas réuni les deux équipes.»

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