Festi'neuch 2013: Visite des loges et caprices d'artistes
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Festi'neuch 2013Visite des loges et caprices d'artistes

Le cofondateur et programmateur du festival nous invite dans les backstages de la manifestation. L'occasion de parler des demandes particulières de certains.

par
Fabrice Aubert

«On travaille avec différents décorateurs, tous bénévoles, qui œuvrent depuis une semaine. Leur but: faire de ces loges un endroit cosy et agréable à partir de vulgaires Portakabin.» Antonin Rousseau nous fait visiter les backstages de Festi'neuch, un jour avant l'ouverture de la manifestation.

Tous les artistes se côtoient dans cet espace commun de loges, est-ce propice à des rencontres entre eux?

Ça se veut être un endroit convivial et de rencontre. Certains artistes demandent à avoir leur intimité donc ils ont chacun leur loge indépendante qui peut être fermée à clef. Mais on se rend compte que la plupart des artistes, même les têtes d'affiche, se réjouissent à chaque fois de se retrouver au bar en fin de soirée pour partager avec les autres groupes, petits comme grands. C'est cette convivialité et ce mélange qui plaisent énormément à tous.

Cette proximité n'a-t-elle jamais débouché sur des conflits ou tensions entre artistes?

Non. C'est vrai que l'année passée on avait eu quelques craintes parce qu'on accueillait Alpha Blondy et Tiken Jah Fakoly, deux ennemis jurés du reggae. J'étais par hasard dans la loge de Tiken à discuter avec lui quand Alpha a débarqué. J'ai eu très peur mais ça s'est très bien passé parce qu'ils ont enterré la hache de guerre. Il y a même des groupes qui arrivent la veille de leur concert et qui demandent à accéder à cette zone pour rencontrer d'autres artistes qu'ils connaissent. C'est notamment le cas avec les groupes français. Après, certaines grosses têtes d'affiche, comme Marylin Manson l'année passée, ont exigé un espace exclusif qu'on avait aménagé au fond des backstages.

Avez-vous eu des demandes particulières cette année?

Non, rien de particulier. Je crois que le plus gros morceau en la matière c'était Marylin Manson. Cette année, il y a Nas qui a des exigences assez spécifiques mais rien d'extravagant ou de démesuré.

Quelles sont ces exigences spécifiques?

C'est alimentaire. Chaque année, on a des régimes très spéciaux à respecter. On se demande quand même si le fait d'être artiste entraîne certaines allergies... Parce qu'il y a une propension absolument hallucinante chez les artistes à être allergique au gluten, au lactose, etc. Après on respecte aussi naturellement les spécificités hallal et casher quand on nous demande.

Quelle est la demande la plus extravagante de l'histoire du festival?

Il y en a plein. L'artiste qui veut ses trois canards laqués à une heure précise dans sa chambre d'hôtel. Celui qui veut une demande toute simple mais pas facile à réaliser comme obtenir un sac d'un célèbre fast-food plein de hamburgers et de donuts à 3h du matin. Ça nous est arrivé de devoir faire ouvrir un restaurant à des heures très tardives parce que l'artiste l'exigeait. Mais en général, les demandes auxquelles on doit répondre sont contenues dans le rider technique de l'artiste et font partie du contrat. Mais il y a souvent des petits trucs en plus comme donner des pizzas à un groupe qui part tout de suite après son concert. Mais on a rarement eu des demandes complètement extravagantes. Avec Marylin Manson c'était plus compliqué. Comme ce Monsieur aime bien le froid, il fallait que sa loge, sa voiture et sa chambre d'hôtel soient exactement à la même température. Donc on avait dû rajouter au dernier moment de la climatisation partout, même dans sa suite. Sa loge était pratiquement transformée en un frigo.

Et pour cette année vous avez prévu de chauffer les loges?

On a prévu quelques chauffages d'appoint au cas ou. C'est vrai que c'est un peu paradoxal: l'année passée on a dû refroidir les loges et cette fois on devra peut-être les chauffer!

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