Afghanistan: vives réactions et mobilisation en Suisse
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Chute de KaboulVives réactions et mobilisation en Suisse

Une manifestation pour dénoncer la prise de la capitale afghane par les talibans est prévue ce lundi à 18h à Berne, alors que partis politiques et associations appellent à la solidarité avec le peuple afghan.

De nombreux habitants tentent de fuir la capitale afghane

De nombreux habitants tentent de fuir la capitale afghane

AFP

La situation en Afghanistan depuis la prise du pouvoir par les talibans dimanche suscite une grande inquiétude en Suisse. Les mouvements de solidarités et les appels se multiplient, par voie de communiqués de presse ou sur les réseaux sociaux. Une manifestation a lieu ce lundi soir à 18 heures à Berne, à l’appel du groupe afghan Ma vie en Suisse et du Réseau de solidarité avec les migrants.

De son côté, le parti socialiste (PS) demande que la Suisse protège immédiatement toutes les personnes originaires d’Afghanistan. Le parti à la rose exige que la Suisse soutienne un quota international de réfugiés. Pour Carlo Sommaruga, conseiller aux États genevois, «la Suisse devrait accueillir 10’000 personnes vulnérables, en particulier des femmes et filles, en provenance d’Afghanistan». De leur côté les Verts se sont exprimés sur Twitter, avec des inquiétudes et revendications similaires.

La Coalition des juristes indépendants pour le droit d’asile a ainsi écrit une lettre ouverte aux conseillers fédéraux et aux parlementaires. Ils exigent que toutes les personnes originaires d’Afghanistan qui se trouvent actuellement en Suisse se voient accorder au moins l’admission provisoire, qu’elles soient ou non en cours de procédure d’asile. Ils demandent aussi que la Suisse facilite l’octroi des visas humanitaires pour les membres de la famille des ressortissants afghans vivant en Suisse, quel que soit leur statut de séjour. Pour finir, ils plaident pour que la Suisse soit un exemple international pour l’accueil des réfugiés afghans, en envoyant un message de solidarité au peuple et à ceux qui œuvrent pour la démocratie et les droits humains en Afghanistan.

Situation similaire à La Syrie en 2012

De même, les associations Solidarités sans frontières (Sosf) et les Juristes démocrates de Suisse (JDS) estiment qu’une suspension provisoire des expulsions ne suffit pas, mais exigent que tous les Afghans vivant en Suisse obtiennent une protection. Il leur paraît nécessaire que le regroupement familial puisse se faire rapidement. Demander l’asile est nécessaire en priorité pour les groupes les plus menacés comme les journalistes, les médecins ou encore les enseignants. Les deux associations font un parallèle avec la situation en Syrie en 2012 et 2013. Les deux mouvements exigent aussi que le Conseil fédéral décrète d’urgence la réintroduction de la possibilité de demander l’asile en ambassade.

Risque d’abus de l’asile?

Dans ce concert d’appels à la solidarité, la voix de Roger Köppel détone. Le conseiller national UDC zurichois a déclaré à nos confrères de «20 Minuten» que le Conseil fédéral doit rester neutre dans ce conflit en ayant des actes et paroles mesurées. Il rappelle que les réfugiés de guerre ne reçoivent pas l’asile, mais une protection temporaire, de préférence près de chez eux. Roger Köppel souhaite éviter qu’on abuse de l’asile, mais appelle la Suisse à apporter son expérience de bons offices dans le règlement des conflits.

(comm/AHR)

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