Voie dégagée pour les deux candidats à la Maison Blanche
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Voie dégagée pour les deux candidats à la Maison Blanche

Une nouvelle phase de l'élection présidentielle américaine s'est ouverte samedi avec le retrait officiel de Hillary Clinton.

La sénatrice de New York a apporté son soutien sans réserve et sans condition à son ancien rival Barack Obama.

Dans son discours le plus personnel depuis qu'elle s'était lancée dans la course à la Maison Blanche il y a 17 mois, Hillary Clinton a appelé ses quelque 18 millions d'électeurs à «travailler dur» pour que M. Obama devienne le prochain président américain. Le sénateur de l'Illinois pourrait devenir le premier Noir à être élu président de la première puissance mondiale.

«Cela a été un rude combat, mais le Parti démocrate est une famille et le moment est maintenant venu de renouer les liens qui nous unissent et de nous rassembler», a déclaré l'ancienne Première Dame devant quelque 2000 partisans réunis au National Building Museum de Washington, à quelques encablures de la Maison blanche.

Voix à rallier

Le sénateur métis a de son côté rendu un hommage appuyé à Mme Clinton, affirmant qu'elle occupera une place de «premier plan» à l'occasion de la présidentielle et «dans les années à venir».

«La sénatrice Clinton sera d'une valeur inestimable pour nous aider à gagner en novembre et j'ai hâte de faire campagne à ses côtés pour apporter au pays les changements dont il a éperdument besoin», a dit M. Obama dans un courriel adressé à ses partisans. Il a déclaré être devenu «un meilleur candidat pour avoir eu le privilège de faire campagne avec elle».

Pour battre le candidat républicain John McCain en novembre, M. Obama aura besoin de rassembler sur son nom le coeur de l'électorat de Mme Clinton: les femmes, les ouvriers, les personnes âgées et les Américains d'origine hispanique. Ces électeurs lui ont fait défaut durant les primaires et leur soutien n'est pas assuré.

Ticket Obama-Clinton ?

Dans ce contexte, de nombreux partisans de Mme Clinton plaident pour que la sénatrice figure sur le «ticket» démocrate en novembre comme candidate à la vice-présidence des Etats-Unis. Mais une telle éventualité ne semble pas enthousiasmer les deux principaux intéressés, après les déchirures de la campagne.

La décision finale appartient à M. Obama et son entourage s'est borné à dire que le sénateur fera son choix d'ici la convention démocrate prévue du 25 au 28 août à Denver.

La tâche du candidat démocrate ne s'annonce pas facile. Comme l'a rappelé Mme Clinton, sur les dix élections présidentielles qui ont eu lieu au cours de ces 40 dernières années, seules trois ont été remportées par des démocrates (Jimmy Carter en 1976, Bill Clinton en 1992 et 1996).

Sécurité et économie

Assuré depuis début mars d'obtenir l'investiture républicaine, John McCain, un ancien héros de la guerre du Vietnam, met en avant son expérience sur les questions de sécurité nationale pour vaincre son rival de 25 ans son cadet qu'il accuse de naïveté face à la complexité des enjeux.

«Je suis candidat pour garder à l'abri ce pays que j'aime», a résumé M. McCain dans un spot publicitaire dont la diffusion a commencé vendredi dans les Etats-clés où devrait se jouer la présidentielle.

M. Obama insiste de son côté pour présenter M. McCain comme un clone de l'actuel président George W. Bush qui achève son second mandat avec des records d'impopularité. Le candidat démocrate doit entamer lundi en Caroline du Nord une tournée de quinze jours consacrée aux questions économiques.

Le spectre de la récession hante toujours les Etats-Unis. Le bond spectaculaire du chômage - le plus important en 22 ans -, qui est passé à 5,5% en mai, contre 5% en avril, est venu rappeler la fragilité d'une économie frappée par la crise de l'immobilier et la flambée des cours du pétrole en pleine année électorale. (ats)

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