Berne: Voilà à quoi ressemblent les douleurs aiguës
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BerneVoilà à quoi ressemblent les douleurs aiguës

Deux graphistes bernois ont reçu un prix pour le set de 34 cartes qu'ils ont réalisé. Elles doivent aider les patients à exprimer leur souffrance plus précisément.

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sul/rmf
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Les cartes de "Dolografie" permettent de décrire la douleur de façon inédite.

Les cartes de "Dolografie" permettent de décrire la douleur de façon inédite.

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Le projet a reçu le European Design Award 2017.

Le projet a reçu le European Design Award 2017.

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«C'est ça que je ressens dans ma jambe: une douleur nerveuse tirant vers le bas», a expliqué un patient face à cette image, racontent ses créateurs.

«C'est ça que je ressens dans ma jambe: une douleur nerveuse tirant vers le bas», a expliqué un patient face à cette image, racontent ses créateurs.

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«Ça brûle, ça pique, ça tire...» Pour exprimer le mal, il existe des mots, mais ils sont parfois insuffisants. Deux designers bernois spécialisés en communication ont donc créé un set de 34 cartes dessinées permettant, à défaut de mots, de mettre des images sur la souffrance des malades. Le travail, nommé Dolografie (en allemand), a remporté le European Design Award 2017.

Utilisé par divers thérapeutes

Les cartes ne sont pas des instruments de mesure concrets, mais plutôt des supports abstraits, qui dépassent les descriptions. «Leur but est d'inviter à parler des douleurs», explique Sabine Affolter, l'une des créatrices. «Les personnes souffrantes peuvent donc décrire leurs sensations de façon précise et différenciée», poursuit-elle.

Les deux designers ont créé cet outil lors de leur travail de Bachelor à la Haute Ecole des Arts de Berne, en collaboration avec l'Hôpital de l'Île de Berne. Il a été testé dans le cadre de thérapies, et affiné selon les retours des patients. Depuis, il est utilisé par des psychologues, de nombreux thérapeutes dans plusieurs domaines, des infirmiers, et même des dentistes.

Semblable à l'hypnose

Au CHUV et aux HUG, on n'utilise ni ne connait ce set de cartes. «C'est esthétique, estime Chantal Berna, médecin au centre d'antalgie du CHUV. Ça ressemble à des outils utilisés en hypnose, pour aider les patients qui peinent à trouver leurs mots à parler de leur vécu. Je pourrais y voir une application dans ce sens.» Rien de précis n'est toutefois prévu pour l'instant à Lausanne, qui utilise principalement l'échelle visuelle analogique, permettant de placer la douleur entre 1 et 10.

Mieux comprendre la douleur, et notamment la douleur chronique, est un défi de taille. Le CHUV organise justement une conférence publique mercredi 7 juin, en présence d'un spécialiste mondial du sujet, Yves de Koninck.

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