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Perquisition chez une lanceuse d’alerte«Voilà ce qui arrive aux gens qui tiennent tête au pouvoir»

Une scientifique américaine accuse le gouverneur de Floride de chercher à l’intimider. Elle avait été licenciée en mai dernier pour, selon elle, avoir refusé d’embellir la situation dans l’Etat américain.

Un raid de la police chez une scientifique fait beaucoup parler en Floride. Il a visé une certaine Rebekah Jones. Cette scientifique s'est fait connaître par son renvoi du département de la santé de Floride après avoir soulevé des questions sur les données du Covid-19 dans l'État du sud des Etats-Unis, relève Newsweek.

Lundi matin, la police a débarqué chez elle. Dans une vidéo qu’elle a mise en ligne, on voit la scientifique répondre à un agent, armé, qui lui demande de sortir de chez elle. Il intime ensuite l’ordre au mari de Mme Jones de descendre avec leurs deux jeunes enfants. «Ne pointez pas cette arme sur mes enfants!», entend-on crier la jeune femme. «Ils ont pointé une arme sur mon visage. Ils ont pointé des armes sur mes enfants», s’insurge-t-elle bien que l'on ne puisse pas le voir sur les images diffusées.

Rebekah Jones

Rebekah Jones

Twitter.

«Envoyé la Gestapo»

«Voilà ce qui arrive aux scientifiques qui tentent de faire leur travail honnêtement. Voilà ce qui arrive aux gens qui tiennent tête au pouvoir», a critiqué sur Twitter la scientifique. Elle accuse le gouverneur de Floride, Ron DeSantis d’avoir «envoyé la Gestapo» chez elle.

D'après un communiqué de la police locale, Rebekah Jones fait l'objet d'une enquête après le piratage du service de messagerie d’urgence du département de la Santé, pour laquelle la scientifique travaillait jusqu’à son renvoi en mai dernier. Un message invitant le personnel du département floridien de la santé à dénoncer la manière dont l’État gère les données sur le coronavirus aurait été publié. En traçant cet envoi anonyme, les enquêteurs seraient remontés jusqu'à la résidence de la scientifique. Cette dernière assure n’avoir rien à voir avec ce hacking et ne pas avoir les compétences informatiques pour le réaliser.

À l’occasion de la perquisition de son domicile, les autorités auraient emporté son téléphone et son ordinateur, qu'elle utilise tous les jours pour mettre à jour le nombre de cas quotidien de coronavirus en Floride. À la suite de cet incident, la lanceuse d’alerte a créé une page GoFundMe pour collecter des fonds afin de remplacer son ordinateur et payer les frais juridiques. «On dirait que j'ai besoin d'un nouvel ordinateur et d'un sacré bon avocat». Elle a, pour l’heure, réussi à récolter plus de 200’000 dollars.

Virée pour avoir voulu alerter la population?

Réprimandée à plusieurs reprises, Rebekah Jones avait finalement été licenciée en mai dernier pour avoir enfreint les règles en faisant des remarques publiques sur l'institution. C’est pourtant elle qui avait été à l’origine de la base de données de l'État américain en mettant en rapport, dès le début de la pandémie, le nombre de nouvelles infections et le taux de mortalité.

Elle explique qu’elle refusait de revoir les méthodes de comptabilisation des cas, des morts et du taux de positivité pour embellir la situation et justifier la volonté du gouverneur d’assouplir les restrictions mises en place pour lutter contre la pandémie, selon le journal canadien La Presse.

Ron DeSantis explique pour sa part que la scientifique avait modifié à plusieurs reprises le site floridien de données sur le Covid-19 contre l’avis de ses supérieurs. Le gouverneur républicain s’est toujours montré très critique sur les mesures de confinement et s’est toujours refusé à imposer le port du masque à la population de son Etat.

(cga)

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107 commentaires
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CQFFD

10.12.2020 à 15:35

La démocratie est éliminée depuis longtemps au profit de la dictature capitaliste, avec le soutien de la propag ande médiatique qui survivent grâce aux "généreux donateurs"...

Bibi

10.12.2020 à 15:17

Rien ne m'étonne sous la gouvernance de D. Trump ! tout à son image ! Tout ce qui le dérange, est réprimandé. Les gens qui ne sont pas de son avis, sont "démissionnés ! la vérité ne l'intéresse pas, il travaille pour son ego !

luttons contre

10.12.2020 à 15:12

la tyrannie prend de l'ampleur de jours en jours