Actualisé 22.01.2007 à 10:19

Voile: Tour du monde en solitaire

A la barre de son catamaran flambant neuf «Bioton», le navigateur polonais Roman Paszke va se lancer en solitaire dans un tour du monde.

Il espère battre le record de 71 jours, 14 heures, 18 minutes et 33 secondes détenu par la Britannique Ellen MacArthur.

Paszke compte prendre le départ en février au large de l'Ile d'Ouessant en Bretagne. Comme la jeune Britannique, il fera son tour du monde en laissant à bâbord le Cap de Bonne Espérance, visant ensuite le Cap Leeuwin et finalement le redoutable Cap Horn, avant de retourner sans escale et sans assistance au point du départ.

«C'est une manière de réaliser mes rêves», explique cet homme de 56 ans, l'œil vif et un grand sourire accroché à son crâne dégarni. Le record s'inspire du roman du français Jules Verne «Le tour du monde en 80 jours», mais il est distinct du Trophée Jules Verne, attribué au record du monde sans escale mais en équipage (Bruno Peyron sur Orange II avec 50 jours, 16 heures, 20 minutes et 4 secondes).

Un inconnu chez les loups de mer

Pour le Polonais, ce sera sa première grande aventure en solitaire. Paszke n'est cependant nullement un inconnu chez les loups de mer. En 1997, il a fait partie de l'équipage polono- américain du MK Café, victorieux de la prestigieuse Admiral's Cup. Deux ans plus tard, il a dirigé le catamaran Warta Polpharma arrivé quatrième de The Race, la course autour du monde organisée au tout début du nouveau millénaire. Ces deux dernières années, il a travaillé à la conception de son bateau et a attentivement étudié les parcours de ses prédécesseurs.

«Je connais par cœur chaque instant de la course record d'Ellen MacArthur», affirme-t-il. Il lui voue un grand respect. «Elle est menue mais possède un très grand cœur, elle est très courageuse et d'une ténacité hors du commun», dit-il. Pour battre son record, Roman Paszke compte sur sa longue expérience du grand large, sur le coup de chance nécessaire et sur son bateau tout neuf, conçu exprès pour l'aventure.

Fait de matériaux composites de hautes performances fabriqués en autoclave par l'entreprise suédoise Marström Composite à Västervik, son catamaran Bioton est long de 28 mètres et large de 14 mètres. Son poids net est de huit tonnes seulement. Il est équipé d'un mât de 33 mètres prévu pour porter une grand voile de 235 m2, un petit foc de 53 m2, un foc de 110 m2 et un gennaker de 340 m2.

Premiers tests encourageants

«C'est un bateau plus rapide que celui d'Ellen mais plus difficile à maîtriser. Il faut bien en sentir les limites de la sécurité», explique-t-il. Pour le tester, le skipper n'aura pourtant pas eu beaucoup de temps. Le catamaran a été mis à l'eau la semaine dernière en Suède, et dès la semaine prochaine Roman Paszke compte quitter le port polonais de Gdynia pour se rendre à Falmouth en Angleterre où il n'attendra plus que le signal de départ donné par les services météo.

«Les résultats des premiers tests, effectués lors de la traversée de la Baltique, sont encourageants même s'il reste beaucoup de détails à régler, notamment au niveau des systèmes de navigation et de communication», précise-t-il. Dix caméras installées à bord du catamaran permettront d'observer le périple via une transmission satellitaire, retransmise par extraits par la télévision polonaise publique et sur le site internet www.biotonrace.itvp.pl. Le projet est financé par des fonds privés, autour de l'entreprise de biotechnologies polonaise Bioton.

S'il revient à bon port, Roman Paszke sera le deuxième navigateur polonais à avoir fait le tour du monde en solitaire et sans escale, après Henryk Jaskula qui, en 1980, avait eu besoin de 344 jours à bord de son monocoque Dar Przemysla.

(ats)

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