Voitures japonaises sportives et gloutonnes
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Voitures japonaises sportives et gloutonnes

Des constructeurs américains faisant assaut de convictions écologiques, des Japonais étoffant leur gamme avec des voitures ultra-sportives et gloutonnes.

En prélude à cet événement qui a ouvert ses portes au public vendredi pour dix jours et devrait attirer plus d'un million de visiteurs, les «trois grands» de Detroit - General Motors, Ford et Chrysler - ont professé pour le respect de l'environnement une foi de nouveaux convertis, sur fond de réchauffement climatique et de pétrole cher.

General Motors, décidé à «devenir le leader en matière d'économie et de technologie respectueuse de l'environnement», a présenté une version hybride essence-électricité d'un gros pick-up et confirmé l'arrivée d'un véhicule électrique, après avoir pendant des années vendu des produits gourmands en carburant.

Son concurrent Ford a dévoilé un «plan stratégique de développement durable, pour améliorer les économies d'essence et réduire les émissions» polluantes: amélioration du rendement des moteurs, gains de poids et innovations comme les hybrides et les piles à hydrogène sont désormais les maîtres mots du fabricant à l'ovale.

En décalage

L'éveil des Américains aux vertus de l'écologie intervient alors que leurs concurrents japonais sont présents en force sur ce marché: Toyota produit l'hybride Prius depuis dix ans et Honda va faire rouler une voiture familiale à l'hydrogène dès 2008 en Californie.

Toutefois, les constructeurs nippons se sont surtout singularisés à Los Angeles par la présence de mécaniques sportives, avec la Subaru Impreza WRX STI et la Mitsubishi Evolution venues du rallye, et surtout la GT-R, monstre de puissance qui a fait sensation sur le stand Nissan.

De son côté, Toyota a exhibé une nouvelle version de son 4x4 huit places Sequoia, au moteur V8 de 381 chevaux partagé par le tout-terrain Land Cruiser et le pick-up Tundra, qui consomme selon les versions et les circonstances entre 12 et 18 litres d'essence aux 100 km.

Puissance chez les Japonais

«On a vu des voitures grosses et puissantes, pas nécessairement respectueuses de l'environnement, chez les constructeurs japonais, et chez les Américains, des 4x4 hybrides et la Chevrolet Beat», une citadine économique à des années-lumière des produits traditionnels de GM, note Karl Brauer, rédacteur en chef du site internet automobile Edmunds.com.

Pour lui, cette avalanche de produits davantage respectueux de l'environnement de la part des «Big Three» traduit le fait que «la culture américaine s'intéresse enfin à cette technologie, et les constructeurs se précipitent pour montrer qu'ils peuvent aussi être «verts»». De leur côté, «les Japonais ont déjà démontré» leurs capacités en la matière, dit-il.

Cela «montre aussi que les acteurs approchent le marché de plusieurs façons», remarque Rebecca Lindland, de la société de consultants automobiles Global Insight. «GM n'était jusqu'ici pas réputé pour ses qualités «vertes» et Toyota ne l'était pas pour ses pick-ups», souligne-t-elle.

«Les médias se sont beaucoup intéressés à ses produits respectueux de l'environnement, mais de façon ironique, (Toyota) possède une gamme assez semblable à celle de GM», remarque Mme Lindland.

L'Américain et son 4x4

A cela s'ajoute la difficulté de faire acheter aux Américains «les voitures dont ils ont besoin, plutôt que celles qu'ils veulent», selon M. Brauer, qui cite le cas des nouveaux 4x4 hybrides, qui revendiquent 11 litres au 100 km contre 17 pour leurs versions normales.

«Les Américains aiment toujours leurs gros 4x4, et c'est pour cela qu'on en a vu tant que cela chez les constructeurs nationaux, ils affirment que l'on peut tout avoir, une voiture pour l'image de marque et une consommation raisonnable», constate-t-il: «mais 11 litres au 100, est-ce raisonnable?». (ats)

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