Genève: Volcans: aviation plus sûre grâce à l’étude des cendres
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GenèveVolcans: aviation plus sûre grâce à l’étude des cendres

Une équipe de l’UNIGE a mis en évidence deux phénomènes qui vont permettre de mieux prévoir le danger d’une éruption pour le trafic aérien.

par
Léonard Boissonnas
Le réveil du volcan islandais Eyjafjallajökull avait paralysé le ciel européen au printemps 2010.

Le réveil du volcan islandais Eyjafjallajökull avait paralysé le ciel européen au printemps 2010.

UNIGE/C.Bonadonna

Trafic aérien interrompu pendant plusieurs jours, et encore perturbé des semaines après: l’éruption du volcan islandais Eyjafjallajökull, en avril 2010, avait marqué les esprits de par son amplitude et ses conséquences.
Une équipe de chercheurs, dirigée par l’Université de Genève (UNIGE), a étudié son impact. Elle a mis en évidence le rôle important des agrégats de particules de cendre dans leur dispersion. Ce qui n’est actuellement pas pris en compte par les modèles de prévision utilisés pour réduire l’impact sur l’aviation civile.

Des données plus précises

«La cendre volcanique, qui a la même température de fusion que celle d’un moteur d’avion, se fond et s’attache à la turbine, ce qui peut l’arrêter», explique Costanza Bonadonna, professeure au Département des sciences de la Terre. D’où l’importance pour l’aviation civile de disposer de données précises lors d’une éruption afin de pouvoir anticiper le comportement d’un nuage volcanique. «Actuellement, pour décider de fermer l’espace aérien, on se base sur la concentration de particules de cendre dans l’atmosphère, poursuit la scientifique. On ne prend pas en compte les agrégats, ce qui n’est pas correct.» Ces assemblages de petites particules peuvent sédimenter de manière prématurée et tomber plus près d’un volcan et plus vite que prévu, ou alors se retrouver bien plus loin par un phénomène de «sédimentation retardée», un «effet rafting» jusque-là jamais prouvé.

Pour Costanza Bonadonna, cette découverte «améliorera la description de la dispersion de ces cendres et permettra de prendre des décisions basées sur des données scientifiques plus fiables.»

Un agrégat de cendres récolté sur du papier adhésif après l’éruption islandaise et passé au microscope électronique à balayage.

Un agrégat de cendres récolté sur du papier adhésif après l’éruption islandaise et passé au microscope électronique à balayage.

UNIGE/C.Bonadonna

Tempêtes de sable plus fréquentes

Si les cendres volcaniques peuvent être dangereuses pour un avion, une tempête de sable, comme celle venue du Sahara, n’a pas le même impact, comme l’indique Costanza Bonadonna. D’une part, les moteurs des appareils sont mieux calibrés pour tenir compte de ce phénomène plus fréquent. De plus, la température de fusion du sable est plus élevée que celle de la cendre. Enfin, dans un désert, le vent a une surface de dispersion plus large et le sable est généralement transporté à des altitudes plus basses sans l’effet des panaches volcaniques qui peuvent transporter les cendres volcaniques à des altitudes plus élevées dans l’atmosphère.

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85 commentaires
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roseverte

05.03.2021, 14:19

Pas de panique, les verts ont la solution... transformer l'aéroport en vélodrome🤪

jules Verne

05.03.2021, 12:44

Les volcans nouveau alliés des pastèques. Si même la nature s'y met on sera obligé d'acheter un vélo, mais les SUV seront accessibles pour tout le monde vu, selon la lois du marché, qu'ils coûteront moins cher que les vélos. Je me suis renseigné et il y a déjà des garages qui soldent avec des rabais très intéressants. Encore un petit 10% et je m'en paierai un.

Auguste Toussaint.

05.03.2021, 12:17

Depuis une année, les cendres sont très à la mode et ce n'est pas fini.