Nyon (VD) - Voleurs de jantes multirécidivistes pour de «l’argent facile»
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Nyon (VD)Voleurs de jantes multirécidivistes pour de «l’argent facile»

Trois hommes sont notamment poursuivis pour vol par métier, vol en bande depuis mardi au Tribunal de La Côte. Parmi eux, un prévenu de 25 ans s’est particulièrement fait remarquer.

par
Abdoulaye Penda Ndiaye
Des vols en série de jantes ont occupé la police vaudoise en 2014.

Des vols en série de jantes ont occupé la police vaudoise en 2014.

DR


Umberto* avait pris l’habitude de s’introduire dans les garages souterrains des immeubles pour s’emparer de jantes, de pneus et d’accessoires automobiles appartenant à autrui. Le butin était ensuite revendu. Mardi, lorsque le président a demandé ses motivations à cet Italien de 25 ans au fort accent vaudois, il a répondu tout de go: «La facilité de se faire de l’argent.» Les faits ont eu lieu en 2014. Cheveux gominés, costume et baskets, ce poids plume est notamment poursuivi pour vol par métier et en bande. Il a nié certains faits. Quand le Tribunal lui a rappelé que son téléphone avait borné sur les lieux au moment où les délits avaient été commis, il a trouvé pour alibi le job de livreur qu’il exerçait. Toutefois, son avocat a admis une vingtaine de cas. L’accusé a également exprimé des regrets: «Je n’ai pas pensé à mes victimes. C’est mal et égoïste. J’ai honte.»

«On dirait que vous êtes en couple avec votre fils»

Entendue comme témoin, la maman d’Umberto l’a soutenu bec et ongles. Un peu trop. Mardi après-midi, il ne manquait que la robe d’avocate à celle qui avait écrit à son bailleur apeuré: «Mon fils a du caractère mais n’est pas agressif». Elle a implicitement pointé du doigt l’ex-compagne, qui accuse Umberto de lésions corporelles simples et qui a demandé à témoigner en l’absence du jeune Italien, de simuler une peur qui n’existe pas. «Je suis là depuis ce matin. Je l’ai vue en train de rigoler dehors avec son papa», a-t-elle déclaré. Elle a ensuite trouvé une explication au mauvais chemin pris par son fils: le divorce des parents.

L’attitude de cette femme de 49 ans, qui accorde des circonstances atténuantes à son fils et pourfend les autres, a poussé le président à la sermonner. «Vous êtes vraiment la mère de votre fils. Vous êtes convoquée à 14h et vous venez faire le pied de grue devant le Tribunal depuis ce matin. On a l’impression que vous êtes en couple avec votre fils. Il faut couper le cordon, madame. Il aura bientôt 26 ans. Il doit affronter les choses», a déclaré le magistrat sur un ton calme et ferme.

Jeune en perdition

Jose* et Vahid* aussi étaient des spécialistes des vols de jantes. Lors des débats rendus partiellement inaudibles par le bruit d’une tondeuse à gazon qui a sévi pendant un tour d’horloge (au point d’exaspérer une bonne partie de la salle), Jose (26 ans actuellement) a reconnu quelques faits. Notamment d’avoir créé une adresse mail sur le serveur hotmail.fr et un compte sur anibis.ch en prenant l’identité d’un vrai garagiste lausannois tout en mettant son propre téléphone pour des paiements en cash des produits volés. «Vous savez quand on a 20 ans et qu’on quitte l’appartement des parents, on risque de sombrer dans la délinquance, la drogue, le vol, l’alcool, les jeux d’argent. Je me suis laissé entraîner», a plaidé Jose. «Heureusement qu’il y a aussi des jeunes qui tournent très bien à 20 ans», a rectifié le président.

Il est également reproché à Jose d’avoir violé la loi fédérale sur les armes: un spray au poivre, un bâton télescopique, un brise-vitre et un pistolet soft air ont été trouvés dans sa voiture. Vahid, lui, a déclaré avec beaucoup d’aplomb n’avoir été que spectateur de la plupart des délits. Selon lui, il s’est signalé par sa «présence passive». Les plaidoiries des avocats et le réquisitoire de la procureure auront lieu mercredi.

Souris brûlée vive pour rire

Jose* avait capturé une souris, avant de l’asperger d’un liquide inflammable et de lui bouter le feu en 2014. «C’était débile de ma part», a-t-il indiqué. Mais devant l’insistance du président, il a fini par admettre la cruauté de son acte. La scène a été filmée par un inconnu. Sur les conseils de son avocate, le prévenu dit avoir mesuré la gravité de son geste et se dit prêt à une action en faveur de la Société de protection des animaux. Il lui est également reproché d’avoir acheté deux sièges d'un véhicule Porsche d’une valeur de 20'000 fr. l’unité et qu’il aurait payé CHF 2'500.- en tout.

Du banditisme à la sagesse?

Umberto* était un tyran. Sa sœur, giflée, et son ex-petite amie, frappée et menacée car elle a eu le toupet de connaître un autre homme avant lui, en savent quelque chose. «Rien que de savoir qu’un gars t’a touchée avant moi me rend malade. L’ex-compagne dit être traumatisée par les coups, les injures et les menaces d’Umberto. Elle a demandé et obtenu du Tribunal de ne pas croiser Umberto dans la salle d’audience. L’ancien livreur a dû quitter la salle quand la jeune femme était sur le point de venir témoigner. Umberto fait peur aussi à l’ex-bailleur de sa mère, qui fait pourtant au moins deux fois le volume de cet homme au gabarit de crevette. «Ma femme et moi avons quatre enfants. Nous voulons qu’il s’engage à ne pas attaquer notre famille», a demandé le propriétaire immobilier. Mais pour sa mère, sa petite sœur ainsi que sa compagne actuelle, Umberto n’est plus le même homme depuis sa sortie de prison. Papa d’un enfant de 7 ans et dans une relation stable, ses proches affirment qu’il a beaucoup mûri et s’est assagi.

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