Syndicats: Volkswagen doit négocier avec des ouvriers US
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SyndicatsVolkswagen doit négocier avec des ouvriers US

Des ouvriers de l'usine de Chattanooga, dans le Tennessee, souhaitent se syndiquer contre l'avis de leur employeur.

Des employés de l'usine Volkswagen de Chattanooga en 2013. (Archive)

Des employés de l'usine Volkswagen de Chattanooga en 2013. (Archive)

photo: Keystone

Le constructeur automobile allemand Volkswagen (VW), englué aux Etats-Unis dans le scandale des moteurs diesel truqués, a été enjoint de négocier avec des ouvriers de son usine de Chattanooga (Tennessee, sud) désireux de se syndiquer.

Le Conseil fédéral des relations sociales (NLRB) a décidé mercredi que quelque 160 ouvriers avaient le droit de rejoindre le syndicat du secteur United Automobile Workers (UAW), a-t-on appris jeudi de source syndicale.

Mais le constructeur a indiqué dans un communiqué jeudi après-midi à l'AFP avoir déposé un recours devant une cour d'appel fédérale.

Une première

Début avril, il avait déjà fait appel d'une précédente décision du NLRB donnant gain de cause aux ouvriers. Le Conseil fédéral vient de confirmer sa position.

De telles négociations seraient une première pour une usine appartenant à un constructeur européen ou asiatique dans le sud des Etats-Unis, où l'UAW est généralement tenu à l'écart.

L'UAW n'avait pas obtenu le droit d'ouvrir une section pour l'ensemble des ouvriers de cette usine après l'échec d'une consultation auprès de ceux-ci en février 2014.

Une minorité concernée

Cette fois, la décision ne concerne qu'une minorité des quelques 2500 ouvriers de l'usine. Le Conseil a notamment rejeté l'argument du constructeur allemand selon lequel il ne pouvait négocier qu'avec l'ensemble des ouvriers du site et non certains d'entre eux, regroupés dans une section appelée «Local 42».

«Nous sommes satisfaits que le NLRB ait ordonné à Volkswagen de négocier avec le Local 42 en tant que représentant des ouvriers qualifiés de l'usine de Chattanooga», avait indiqué jeudi matin Gary Casteel, secrétaire-trésorier de l'UAW.

«Cette décision unanime indique clairement que le constructeur violait les lois fédérales en refusant de venir s'asseoir à la table des négociations», avait-il ajouté. «Le groupe a maintenant une occasion d'améliorer les relations sociales aux Etats-Unis». Il avait pressé Volkswagen d'ouvrir les négociations «le plus rapidement possible».

Soutien d'un syndicat allemand

Dans son communiqué, le constructeur a affirmé avoir «toujours respecté le droit de tous nos employés à décider de la question de la représentation syndicale». «C'est pourquoi nous ne sommes pas d'accord avec la décision de séparer les ouvriers de maintenance et de production et nous continuerons nos efforts pour permettre à chacun de voter en un seul groupe sur la question de la représentation syndicale», a-t-il poursuivi.

L'UAW a reçu le soutien du syndicat allemand IG Metall et de ses représentants au sein du conseil de surveillance du constructeur.

C'est à l'usine de Chattanooga que doit être fabriqué le Cross Blue, prochain 4x4 de ville (SUV), sur lequel Volkswagen compte pour partir à la reconquête du marché américain.

Ventes en chute libre

Ses ventes ont en effet lourdement chuté après la révélation qu'il a équipé des modèles de véhicules diesel de logiciels truqueurs destinés à contourner les normes sur les émissions polluantes. En septembre 2015, il a avoué avoir truqué 11 millions de voitures dans le monde.

Il n'est pas le seul à faire face à la volonté de l'UAW de pénétrer les usines automobiles du sud des Etats-Unis.

En effet, le syndicat a également déposé plainte devant le NLRB concernant l'usine Nissan de Canton (Mississippi, sud) accusant le constructeur franco-japonais d'employer des tactiques dissuasives contre les ouvriers manifestant des velléités de se syndiquer. (nxp/afp)

(NewsXpress)

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