Vols secrets de la CIA. Rapport du Parlement européen

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Vols secrets de la CIA. Rapport du Parlement européen

Dick Marty est «déçu» par les conclusions du Parlement européen sur les vols secrets de la CIA.

Rapporteur sur le même sujet pour le Conseil de l'Europe, il en attendait «plus de révélations factuelles». Mais il pense que «les considérations politiques vont primer».

Présentées mardi à Bruxelles, les conclusions de la commission du Parlement européen doivent être débattues les 13 et 14 février prochains en séance plénière. La commission demande notamment que l'Union européenne (UE) ouvre une «enquête indépendante» sur les activités illégales de la CIA en Europe.

Le rapport affirme que plus d'un millier de vols opérés par les services secrets américains ont utilisé l'espace aérien européen entre 2001 et 2005, et que des centres secrets de détention américains «ont pu être établis» en Europe. Il préconise des sanctions contre les pays européens qui auraient participé à ces activités.

Eléments connus

Avec des moyens bien plus considérables - une commission de 46 membres, un secrétariat permanent de 13 personnes -, «le Parlement confirme ce que j'ai déjà montré. J'attendais que le rapport aille au-delà», commente le conseiller aux Etats tessinois (PRD) dans un entretien publié samedi par le journal «Le Temps».

«Une nouvelle fois, la recherche de la vérité passe après la défense d'intérêts politiques», constate-t-il. «Au moins, dans mon enquête, je suis libre de ce genre de considérations».

Le problème n'est pas la commission elle-même, précise le rapporteur. «C'est que les représentants d'autorités nationales et internationales interrogés par ses enquêteurs ont menti de façon éhontée (...) Et dans les parlements nationaux, il y a un réflexe politique de défendre le gouvernement».

«Accords secrets» avec Washington

«Une explication est que de nombreux pays européens ont conclu des accords secrets avec les Etats-Unis, d'où leur silence», poursuit Dick Marty. «Je n'en ai pas la preuve formelle, mais la conviction morale».

Le conseiller aux Etats fustige également le manque de coopération des autorités suisses. Concernant le cas Abou Omar, imam égyptien enlevé par la CIA en Italie en 2003 le même jour où un avion du Département à la Défense américain a survolé deux fois la Suisse, Dick Marty s'étonne que l'enquête lancée en 2005 par le Ministère public de la Confédération (MPC) n'ait toujours pas donné de résultat.

«De deux choses l'une: soit le MPC se tait, ce qui m'étonnerait fort. Soit le Conseil fédéral, qui, à ma connaissance, a reçu un rapport intermédiaire du MPC, refuse d'en révéler les conclusions».

(ats)

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