30.07.2020 à 14:30

Pologne

Von der Leyen: «Chacun est libre d’aimer qui il veut»

La présidente de la Commission européenne affiche son soutien aux communautés LGBTI après avoir refusé des subventions à des villes du pays qui n’adhéraient pas à la cause.

Les municipalités qui ont adopté de telles résolutions anti-LGBTI sont dans le viseur de la Commission depuis plusieurs semaines.

Les municipalités qui ont adopté de telles résolutions anti-LGBTI sont dans le viseur de la Commission depuis plusieurs semaines.

Keystone

«Chacun est libre d’être qui il est» et «d’aimer qui il veut» : la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen a insisté jeudi sur l’égalité des droits dans l’UE, après le refus de subventions européennes à des villes polonaises anti-LGBTI.

Interrogée lors d’un point de presse sur les critiques provoquées en Pologne par cette décision de l’UE, la porte-parole de l’exécutif européen Dana Spinant a partagé une courte déclaration d’Ursula von der Leyen, qu’elle a ensuite twitté.

Six villes polonaises sans subventions

«Nos traités assurent que chaque personne en Europe est libre d’être qui elle est, de vivre où elle le souhaite, d’aimer qui elle veut et de viser aussi haut qu’elle veut. Je continuerai de pousser pour une Union de l’égalité», a affirmé Ursula von der Leyen, accompagnant son tweet du mot-dièse #LGBTI (lesbiennes, gays, bisexuels, transgenres et intersexes).

Six villes polonaises n’ont pas été retenues pour des subventions dans le cadre d’un programme de jumelage pour avoir adopté des résolutions sur des «zones libres de toute idéologie LGBTI» ou «droits de la famille», selon l’explication donnée par la commissaire européenne à l’Egalité Helena Dalli au moment de la publication des projets sélectionnés mardi.

Elles postulaient pour des subventions de 25’000 euros (26’846,50 francs suisses) maximum pour un projet qui vise à stimuler la participation civique et le débat sur les politiques de l’Union.

Une politique de cohésion

Le ministre polonais de la Justice Zbigniew Ziobro a estimé qu’il s’agissait d’«une démarche sans fondement et illégale».

«J’ai demandé au Premier ministre (Mateusz Morawiecki) d’entreprendre des démarches claires auprès de la Commission européenne pour qu’elle n’entreprenne plus de tels actes illégaux», a-t-il déclaré mercredi, cité par l’agence PAP. La Commission a souligné jeudi que toute autorité publique qui reçoit ou gère des fonds européens, «y compris via la politique de cohésion», doit respecter les droits fondamentaux.

«La Commission fera, quand c’est approprié, usage des moyens à sa disposition pour assurer que ces fonds soient utilisés conformément aux règles, et cela s’applique à la politique de cohésion», a souligné Stefan de Keersmaecker, un porte-parole de l’institution.

«Décider des prochaines étapes»

La Pologne est l’un des principaux bénéficiaires de cette politique de l’UE, qui vise à soutenir les régions les moins développées du bloc.

Les municipalités qui ont adopté de telles résolutions anti-LGBTI sont dans le viseur de la Commission depuis plusieurs semaines. Fin mai, elle a écrit aux autorités locales concernées, afin notamment de demander confirmation «de mesures prises pour promouvoir l’égalité et la non-discrimination, fondée sur l’orientation sexuelle, dans les projets soutenus par l’UE».

L’exécutif européen se donne maintenant le temps de «décider des prochaines étapes». La Commission travaille par ailleurs sur une «stratégie LGBTI et égalité» à paraître d'ici la fin de l’année. La Pologne s’inquiète également de la volonté de l’UE de lier l’octroi des financements européens au respect des principes démocratiques dans le prochain budget pluriannuel, un mécanisme décidé lors du dernier sommet à 27, mais qui reste flou.

(ATS/NXP)

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