Genève: Votation en vue à propos du salaire minimum

Actualisé

GenèveVotation en vue à propos du salaire minimum

Le Grand Conseil a rejeté l'initiative de la gauche qui réclame que soit introduit un traitement minimum de 23 francs de l'heure.

Le peuple se prononcera sur l'initiative réclamant un salaire minimum de 4000 francs par mois pour un temps plein.

Le peuple se prononcera sur l'initiative réclamant un salaire minimum de 4000 francs par mois pour un temps plein.

Keystone/Laurent Gillieron

A Genève, le souverain aura le dernier mot sur l'initiative populaire cantonale des syndicats «23 francs, c'est un minimum!». Le Grand Conseil a rejeté ce texte, tout en refusant de lui opposer un contreprojet. Il a aussi refusé d'instaurer une loi sur le salaire minimum.

L'initiative, qui s'inspire de la loi sur le salaire minimum du canton de Neuchâtel, vise à instaurer un salaire minimum à Genève d'un peu plus de 4000 francs par mois. Le sujet a donné lieu à un débat gauche-droite très animé. La majorité de droite a rejeté l'initiative et le projet de loi qui étaient débattus ensemble.

Pour le rapporteur de majorité, l'UDC André Pfeiffer, «Genève n'a pas un problème de rémunération, mais de chômage.» Selon lui, un salaire minimum écarte les personnes peu ou pas formées du marché du travail. Et de vanter le partenariat social, qui fixe les salaires en Suisse.

«L'initiative permet de concrétiser le droit élémentaire de vivre de son travail. Elle permet de lutter contre le phénomène des travailleurs pauvres», a indiqué la députée d'Ensemble à Gauche Jocelyne Haller, rapporteuse de première minorité. «Les bas salaires ont tendance à stagner», a renchéri le socialiste Cyril Mizrahi, rapporteur de deuxième minorité.

«Sous-enchères de compétences»

Quant à la rapporteuse de troisième minorité, la Verte Isabelle Pasquier, elle a plaidé pour un instrument de justice sociale qui permet de lutter contre la sous-enchère salariale et de réduire l'inégalité entre hommes et femmes. «Il ne s'agit pas d'attaquer le partenariat social, mais de combler ses manquements, car la moitié des salariés ne sont pas couverts par des CCT», a-t-elle souligné.

«L'instauration d'un salaire minimum à Genève est une très mauvaise idée. Ce serait le plus élevé au monde», a déclaré le conseiller d'Etat Mauro Poggia, en charge de l'emploi. Et de rappeler que des contrôles ont lieu pour qu'un salaire soit décent, avant de mettre en garde contre la sous-enchère des compétences. Selon lui, la solution réside dans les allocations pour les familles pauvres. (ats)

Ton opinion