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Votation fédérale - La question des bourses d'études occupe les jeunes politiciens

Au lendemain du oui à l'harmonisation de la formation, la question du financement des études a occupé le devant de la scène.

Alors qu'un comité de jeunes exige l'unification des bourses, les Jeunes radicaux en demandent la suppression.

L'égalité des chances doit être garantie, ont estimé les différents mouvements de jeunes à s'être exprimés lundi devant la presse à Berne. Mais les moyens pour y parvenir diffèrent selon l'appartenance politique.

Ainsi, les Jeunes radicaux (JRS) veulent remplacer les bourses par des prêts cantonaux accessibles à tous, indépendamment du revenu et de la fortune des étudiants et de leurs parents. «Il s'agit de responsabiliser les étudiants qui doivent davantage participer aux coûts de leur formation», selon eux.

Les jeunes sans moyens financiers bénéficieraient de prêts sans intérêts, ces derniers étant payés par la Confédération aux cantons. Les étudiants mieux lotis devront payer eux-mêmes les intérêts.

Harmonisation des bourses

Les Jeunes démocrates-chrétiens (JDC) envisagent de leur côté un système combinant prêts sans intérêts et bourses. La Jeunesse alternative (JA!) ne veut entendre parler que de bourses, refusant l'idée que des étudiants s'endettent pour se former.

Les deux mouvements se retrouvent toutefois dans le même comité pour plaider en faveur de l'harmonisation des bourses d'études. Sous l'impulsion de la Jeunesse socialiste (JS) et avec les Jeunes Verts et la Commission de jeunesse de l'USS, ils ont lancé une pétition qui invite la Confédération à mettre fin «au chaos des systèmes de bourses actuels».

Avec 26 cantons, nous avons 26 manières différentes d'octroyer des bourses, a déploré Jean-Christophe Schwaab, président de la Commission de jeunesse de l'Union syndicale suisse (USS). Présentant le même profil, un apprenti de 17 ans ne recevra ainsi rien s'il habite à Zurich et 6600 francs s'il est à Bâle-Ville, selon une enquête du magazine «Beobachter», citée par le comité.

Et les montants des bourses ne sont pas seuls à varier d'un canton à l'autre. Les limites d'âge pour obtenir une aide ne sont pas les mêmes partout. Dans certains cantons, on octroie des bourses, dans d'autres des prêts et dans d'autres encore des bourses et des prêts, illustre Arnaud Thièry, secrétaire central de la JS.

Doubler le montant

Outre l'harmonisation, une hausse des montants octroyés est demandée. «Car la moitié environ des étudiants qui arrêtent leur formation le fait pour des raisons financières», a déploré Rahel Ruch de la Jeunesse alternative.

Estimé à 270 millions de francs en 2003, le montant des bourses allouées devraient atteindre le demi-milliard, demande M. Schwaab. La Confédération devrait financer ces aides à hauteur de 30 %.

Elle devrait surtout édicter des standards minimaux. Le montant alloué devrait ainsi être défini selon des critères unifiés. Il faudrait partout calculer de la même manière le coût de la vie et des études, ainsi que l'apport financier raisonnablement exigible des parents et de l'étudiant. La différence constituerait le montant de la bourse, précise Marguerite Meyer, membre de la JS.

Situation favorable

Pour les pétitionnaires, «la situation politique en Suisse n'a jamais été aussi bonne qu'aujourd'hui pour revendiquer un système de bourses uniforme». Le «oui» massif du peuple dimanche aux nouveaux articles constitutionnels sur la formation est là pour le prouver.

Et de rappeler que, dans sa version mise en consultation, la nouvelle péréquation financière prévoyait un article sur l'unification des bourses et des prêts. Or cette disposition a été biffée par le Conseil fédéral, suivi par le Conseil des Etats, a dit Patrick Angele, de la Jeunesse socialiste. «Nous demandons au Conseil national de réintroduire cet article cet automne.»

(ats)

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