Valais - Votations: une nouvelle «contrainte» à la charge des communes
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ValaisVotations: une nouvelle «contrainte» à la charge des communes

Des autocollants nominatifs sécuriseront le vote par correspondance dans le canton. Le système fait râler certaines municipalités.

par
Xavier Fernandez
Il sera désormais inutile de voler le matériel de vote d’autrui, si on n’a pas les étiquettes qui vont avec.

Il sera désormais inutile de voler le matériel de vote d’autrui, si on n’a pas les étiquettes qui vont avec.

vs.ch

«J’espère que les gens ne les jetteront pas avec la pub», rigole un Montheysan. Tous les Valaisans recevront ces prochains jours une trentaine d’étiquettes. Y figureront leurs noms, prénoms et lieux de domicile. Ces autocollants seront désormais indispensables pour voter par correspondance, puisqu’il faudra en coller un sur la feuille de réexpédition afin que le vote soit valable.

Cette mesure de sécurité ne fait toutefois pas l’unanimité. «Le problème, c’est que les auto­collants devront être gardés quatre ans et certains citoyens vont les perdre ou les endommager, estime Stéphane Coppet, président de la Fédération des communes valaisannes. Il va falloir leur en renvoyer, mais comment assurer la traçabilité? C’est bien joli de rajouter des contraintes… Même si elles sont bonnes sur le papier, il ne faudrait pas que ça nuise à l’exercice de la démocratie.»

La vérification des autocollants représente aussi une manœuvre et des coûts en plus pour les communes. «Nous devrons commencer le dépouillement partiel plus tôt, le vendredi, et rajouter du monde pour finir dans les temps», explique Stéphane Coppet.

Frédéric Favre, conseiller d’État chargé du Département de la sécurité, des institutions et du sport, répond à nos questions:

Certaines communes perçoivent cette nouveauté comme une contrainte. Qu'en est-il selon vous?

S’il est vrai que quelques communes relayées par la Fédération des communes ont émis tardivement des réticences, la nouveauté ne posera pas de grandes difficultés techniques pour celles qui feront preuve d’une attitude constructive.

Elles s'inquiètent qu'un certain nombre de citoyens perdent ces autocollants. Comment s'assurer ensuite qu’ils parviendront bien aux bons destinataires?

Les citoyens les recevront comme ils reçoivent leur matériel de vote. L’information du canton, qui sera jointe aux étiquettes autocollantes, rendra les citoyens attentifs au fait qu’ils doivent en prendre soin et les conserver dans un endroit sûr. Si, malgré tout, le citoyen égare ses étiquettes autocollantes, il pourra toujours demander un nouveau jeu, par écrit, à sa commune. Si les citoyens prennent autant soin de leurs étiquettes autocollantes que de leur carte d’identité, de crédit ou d’assurance-maladie, le phénomène de perte devrait rester marginal.

N'y a-t-il pas un risque que certains citoyens renoncent à voter simplement parce qu'ils ne retrouveront plus leurs autocollants?

Le citoyen aura toujours la possibilité, en dernier recours, de se rendre aux urnes le jour du scrutin aux heures d’ouvertures des bureaux de vote.

Cette nouveauté n'empêchera pas certaines tricheries. Quitte à faire une modification, n'existait-il pas de mesure plus ambitieuse?

La nouveauté introduite vise à rendre inopérant le vol du matériel de vote dans les boites à lettres, tel que cela s’est produit lors des élections cantonales de mars 2017. Elle n’a pas vocation à résoudre tous les problèmes susceptibles de survenir lors du vote par correspondance. Elle se veut fiable, simple à mettre en place et peu coûteuse pour les communes, facilement compréhensible par l’ensemble des citoyens, toutes générations confondues.

N'y a-t-il pas, dans cette affaire, une sorte de surréaction à la suite de cette tricherie ponctuelle de 2017?

Le Grand Conseil a demandé à plusieurs reprises au Conseil d’Etat de prendre une mesure pour sécuriser davantage le vote par correspondance. Le Conseil d’Etat se devait de suivre ces sollicitations parlementaires. Que dirait-on si une nouvelle fraude électorale se produisait, suivant le même modus operandi? Dans un tel cas, qui oserait parler de «surréaction»? Enfin, précisons que le Conseil d’Etat tirera un bilan de cette expérience à la fin de la législature.

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