Dette américaine : Vote à la Chambre, mais la crise persiste

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Dette américaine Vote à la Chambre, mais la crise persiste

Les républicains de la Chambre des représentants devaient voter jeudi un plan de réduction des déficits, une décision qualifiée d'inutile selon la Maison Blanche.

La crise politique aiguë de Washington pèse sur les marchés à cinq jours d'une échéance cruciale.

Le président républicain de la Chambre, John Boehner, doit soumettre au vote son plan budgétaire devant cette assemblée en début de soirée (dans la nuit en Suisse), après avoir passé la journée de mercredi à tenter de rassembler ses troupes sur un texte vis-à-vis duquel plusieurs élus issus de l'aile droite du parti ont exprimé leur hostilité.

Ce plan, dans sa dernière version, prévoit une réduction des déficits de 915 milliards de dollars sur dix ans, en échange d'un relèvement du plafond de la dette de 900 milliards de dollars d'ici au 2 août, date butoir après laquelle, selon le Trésor, la première économie mondiale perdra sa capacité d'emprunt et risquera un défaut de paiement catastrophique.

M. Boehner souhaite un autre relèvement du plafond début 2012, soit en pleine campagne pour les élections présidentielle et législatives de novembre.

«Exercice de théâtre politique»

Pour les démocrates, cette solution est «hors de question» car elle ne ferait que repousser le problème de six mois et mettrait «les Etats-Unis en péril», les exposant encore plus à une dégradation de l'évaluation de leur dette par les agences de notation financière.

Mercredi soir, 51 sénateurs démocrates et deux indépendants, sur 100 élus à la chambre haute, ont enfoncé le clou en signifiant à M. Boehner qu'ils ne soutiendraient pas son plan, menacé en outre de veto par la Maison Blanche.

Etant donné que tout plan devra être adopté en termes identiques par la Chambre et le Sénat avant d'être promulgué par le président Barack Obama, le vote de jeudi initié par M. Boehner «est un exercice de théâtre politique, intéressant, mais sans signification», a jugé le chef de la communication de la Maison Blanche, Dan Pfeiffer.

«A un moment ou à un autre, les responsables de la Chambre vont devoir se concentrer sur la résolution du problème, pour que les Etats-Unis ne fassent pas défaut. Le compte à rebours est enclenché, et ils sont en train de faire du mal à l'économie», a-t-il affirmé jeudi matin sur son compte officiel Twitter.

Ce qui n'a pas empêché Jay Carney, porte-parole de M. Obama, d'affirmer un peu plus tard que la Maison Blanche était «toujours optimiste quant au fait que le Congrès revienne à la raison (...) et qu'un compromis soit trouvé».

Des semaines de vaines discussions

Le plan concurrent du Sénat présenté par le chef de la majorité démocrate, Harry Reid, économiserait 2200 milliards de dollars sur dix ans, selon le Bureau du budget du Congrès américain (CBO), une agence indépendante.

Les démocrates souhaitent l'accompagner d'un relèvement du plafond de la dette suffisant afin de tenir jusqu'en 2013. M. Boehner s'est élevé contre un «chèque en blanc» que les élus accorderaient ainsi à M. Obama, candidat à sa réélection.

Des semaines de discussions n'ont pas suffi pour trouver un accord sur un plan de réduction des déficits accompagné d'un relèvement du plafond de la dette, qui a atteint en mai sa limite de 14'294 milliards de dollars, soit presque 100% du PIB.

La Maison Blanche assure qu'un compromis reste «essentiel et possible» pour relever le plafond de la dette. Mais mercredi, pour la première fois, elle a laissé entendre que le Trésor préparait l'adaptation du fonctionnement de l'Etat fédéral après le 2 août en cas d'impasse persistante.

(ats)

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