Tessin: Vote sur le salaire minimum et l'éco-mobilité
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TessinVote sur le salaire minimum et l'éco-mobilité

Les Tessinois se prononceront le 14 juin sur le salaire minimum. Si le peuple vote «oui», le canton du sud des Alpes emboîtera le pas au Jura et à Neuchâtel, premiers cantons à avoir fixé un salaire minimum. Il votera aussi sur l'éco-mobilité.

L'initiative de la députée verte Greta Gysi demande un salaire minimum y compris pour les secteurs économiques sans convention collective. Le montant serait fixé sur la base du salaire national médian.

Le Grand Conseil a approuvé le texte en mars. Il a été soutenu par la gauche et une partie de la Lega. Le PLR et l'UDC ont voté contre. Pour les opposants, l'introduction d'un salaire minimum va renchérir encore les prix. Une perspective peu souhaitable après l'abandon du taux plancher avec l'euro pour les entreprises d'exportation.

Les Verts soutiennent au contraire que cette mesure est un moyen efficace contre le dumping salarial lié à l'afflux des frontaliers. «Les plus de 60'000 frontaliers ne sont pas plus intelligents ou plus habiles, ils coûtent juste moins cher», avait argumenté le coordinateur des écologistes Sergio Savoia lors des débats au parlement.

L'introduction d'un salaire minimum est un thème qui a fréquemment été mis sur le devant de la scène. En revanche, c'est la première fois que cette mesure est soumise en votation au Tessin. Au plan suisse, la dernière initiative pour un salaire minimum à 4000 francs a été balayée l'an dernier par 76,3% des voix.

Hausse de l'impôt

Autre question que les citoyens devront trancher: l'écomobilité. Le Grand Conseil a voté en novembre un crédit de 16 millions de francs en faveur de la mobilité durable. Sur la période 2014-2018, les entreprises ou particuliers désirant opter pour des véhicules économes en carburant seront soutenus.

Les principaux bénéficiaires devraient être les personnes qui choisissent un modèle peu polluant et d'un prix inférieur à 45'000 francs. Lors de l'achat d'un véhicule électrique, la subvention pourrait s'élever jusqu'à 10'000 francs. A condition toutefois que l'ancien véhicule soit mis à la casse.

Le changement de loi serait financé par une hausse de l'impôt sur les véhicules. Pour les véhicules conventionnels, cette augmentation devrait être comprise entre 1 et 5%.

Jeunes bourgeois opposés

Un point contesté par les sections jeunes des partis UDC et PLR qui ont lancé un référendum. L'impôt sur les véhicules constitue déjà un des plus élevés au Tessin en comparaison de tous les autres cantons, a expliqué à l'ats Fabio Käppeli, président des jeunes libéraux.

Les Grisons, canton voisin, taxent par exemple 30% de moins. Le référendum s'attaque au modèle de financement proposé, pas à l'idée d'une mobilité écologique, a-t-il toutefois tenu à préciser.

Le Tessin est confronté à d'importants problèmes de circulation et ce pas uniquement en raison de l'afflux quotidien des frontaliers. Avec 608 voitures pour 1000 habitants, le canton enregistre le taux de motorisation le plus élevé d'Europe. (ats)

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