Actualisé 07.06.2006 à 06:28

Votre patron lit vos e-mails? Cryptez-les!

Plus d'un tiers des entreprises anglaises et américaines scrutent les e-mails de leurs collaborateurs. Car 20% des messages électroniques ont un contenu qui comporte un risque financier ou légal, se justifient leurs dirigeants.

En Suisse, l'employeur n'a pas le droit de lire la correspondance de l'employé. Mais si votre patron fait fi de la loi, il vous reste une parade toute simple: crypter vos courriels grâce à des logiciels qui modifient vos messages pour ne les rendre lisibles qu'à vos destinataires.

Un tiers des grandes sociétés américaines et anglaises analysent les e-mails des employés afin de se protéger d'un risque légal, financier ou de régulation.

«De plus en plus de sociétés recrutent des équipes chargées de lire les courriers électroniques d'employés qui ne sont pas informés que leur correspondance est surveillée, affirme Gary Steel, directeur de la société californienne Proofpoint Inc., auteur avec Forrester Research d'une étude auprès de 406 sociétés aux américaines et anglaises de plus de 1000 collaborateurs.

Trente-huit pour cent d'entre elles emploient des surveillants de messagerie. Aux Etats-Unis, 44% des entreprises de plus de 20 000 collaborateurs font de même. Au cours des douze derniers mois, une société sur trois a congédié un employé pour violation des règles internes au sujet des courriels. Selon leurs estimations, 20% des messages électroniques ont un contenu qui leur fait courir un risque financier, légal ou en lien avec les autorités de régulation.

En Suisse? «L'employeur n'a pas le droit de lire la correspondance réelle ou virtuelle de l'employé, confie Daniel Menna, porte-parole du Préposé fédéral à la protection des données. Les échanges professionnels doivent être surveillés par pointage et non pas systématiquement, sous peine de violer la sphère privée de l'employé. En cas de soupçon d'espionnage, l'entreprise porte plainte. La police peut ainsi analyser alors les messages privés.

Giuseppe Melillo

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