France: «Vous devriez avoir honte de l'avoir mis au monde»
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France«Vous devriez avoir honte de l'avoir mis au monde»

Maman d'un petit garçon autiste, Elodie a reçu de violentes insultes sur Facebook. Lâchée par les autorités, par le directeur de l'école et par le maire, elle s'en est remise aux internautes.

par
joc
Capture d'écran Francetv info

Elodie, une Française domiciliée dans un petit village de l'Aude (sud), est maman d'un petit garçon de 3 ans et demi atteint d'autisme. Son fils est scolarisé dans une école maternelle «classique», mais il n'y va que deux heures par semaine, faute d'assistante de vie scolaire. Et la présence de Mathis n'est pas du goût de tous les autres parents. Loin de là. Fin décembre, la mère de famille a reçu un message d'une violence inouïe sur son compte Facebook, envoyé par une certaine Sandrine: «Vous devriez avoir honte de l'avoir mis au monde car il n'est pas normal. Comment osez-vous le mettre à l'école normale ? Il n'est même pas propre. J'ai honte de vous voir avec ce monstre que vous avez créé.»

Choquée, Elodie ne s'est cependant pas inquiétée: «On a d'abord pensé à une jalousie puisque normalement les enfants qui ne sont pas propres ne sont pas acceptés à l'école. Donc on a laissé passer», a-t-elle raconté à Francetvinfo. Mais un autre message est arrivé début janvier: «Je vous ai déjà envoyé un message pour vous avertir que votre fils Mathis n'a pas sa place à l'école normale. Je ne vous avertirai pas plusieurs fois».

«Heureusement qu'il n'est pas sur la photo de l'école»

Devant le caractère plus menaçant de ce mot, on a conseillé à Elodie de s'adresser aux autorités. Mais sa plainte a été refusée, sous prétexte que «cette personne ne nous a pas menacé de mort, n'a pas menacé de nous agresser et n'a pas touché à mon fils», a expliqué cette mère de quatre enfants. Une semaine plus tard, la Française a reçu un troisième message insultant son fils: «Heureusement qu'il n'est pas sur la photo de l'école car il gâcherait tout». Lâchée par le directeur de l'école, Elodie s'est adressée au maire du village, qui s'est contenté de lui conseiller de supprimer sa page Facebook.

Le 15 janvier, la mère de famille a décidé d'appeler les internautes à l'aide. Sur les conseils d'une amie, elle a créé une page Facebook sur laquelle elle a publié ces messages d'insultes. Son initiative a fait mouche: une heure après l'ouverture de cette page, la jeune femme avait reçu plus de 200 messages de soutien et récolté plus de 5000 partages. «Depuis, nous n'avons plus reçu de messages, plus d'insultes, mais beaucoup de soutien», se félicite Elodie. Malgré ce bel élan de solidarité, les parents de Mathis restent marqués par cet épisode: «On fait le maximum pour notre fils, on essaie d'avancer, de garder la tête haute. Alors quand on reçoit des commentaires comme ça, ça fait plus que mal», conclut-elle.

Le témoignage d'Elodie sur RMC

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