21.02.2019 à 20:02

CFF

Vous saurez à l'avance si votre train est en retard

Les CFF ont présenté jeudi les grands chantiers et projets pour 2019. La compagnie se focalise sur la ponctualité et la communication.

de
Yannick Weber
Les CFF veulent se montrer plus proactifs dans la communication des retards.

Les CFF veulent se montrer plus proactifs dans la communication des retards.

Keystone/Salvatore di Nolfi

Une notification «push» avant votre départ du boulot pour vous avertir si votre train est en retard: voila un des projets poursuivis par les CFF. Chaque usager de l'application mobile devrait bientôt pouvoir y sélectionner son trajet habituel et un horaire favori. En cas de perturbation du trafic, les pendulaires seront avertis avant de se pointer à la gare et de poireauter sur le quai.

La mesure sera détaillée plus tard dans l'année, mais a été annoncée jeudi parmi différentes mesures visant à améliorer la communication des CFF auprès de ses clients. Une volonté de transparence à propos de la ponctualité des trains y paraît centrale. Selon les sondages de satisfaction, les retards sont la principale source de grogne chez les passagers. Environ 90% d'entre eux sont issus de quatre causes: la planification des chantiers, des dérangements aux infrastructures, des problèmes au matériel roulant et l'intrusion de tiers.

Des chantiers partout

Les usagers l'ont tous remarqué: les travaux sont quasi omniprésents sur le réseau ferroviaire romand. Les CFF ont travaillé à réduire les nuisances. Là où ils mettaient auparavant en place les travaux pour qu'ils soient le plus efficients possibles, ils misent désormais sur une planification qui impacte le moins possible les clients, même si le chantier en coûtera plus cher. «Il y a eu une baisse de 44% des retards dus aux chantiers sur l'axe Lausanne-Genève entre 2017 et 2018», a illustré Cédric Locatelli, chef de projet aux CFF, tout en admettant que la ponctualité n'est pas encore au niveau souhaité, notamment en soirée, où un horaire allégé a été mis en place à la fin 2018.

Des infrastructures à développer

Les dérangements aux infrastructures résultent notamment d'un retard d'entretien et de développement avoué par la compagnie. Mais après des années d'oubli, la Suisse romande concentre désormais les investissements les plus massifs. «Il y a un phénomène de rattrapage. Maintenant, c'est notre tour», a admis Alain Barbey, directeur régional Suisse romande. En 2019 par exemple, plus de 700 millions y sont investis pour l'entretien et le développement du réseau et de nombreux nouveaux chantiers ont été annoncés.

Des trains vieillissants

Les pannes de train sont aussi à l'origine de nombreux retards. Là, les CFF invoquent par exemple les délais de livraison de nouveaux convois à deux étages du constructeur Bombardier. Une douzaine de rames ont été mises en service à la fin de 2018, mais elles ont rencontré des problèmes. Conséquence: des trains plus vieux et qui demandent plus d'entretien doivent continuer à circuler pour compenser la livraison tardive des nouveaux «FV-Dosto». D'où les pannes plus fréquentes.

Des intrus sur les voies

Quatrième cause de retard: les intrusions de tiers. On parle ici des accidents de personne, mais aussi de l'irruption d'animaux ou de véhicules sur les voies. «Onze sites sensibles, avec des pics d'intrusion, ont été identifiés», note Cédric Locatelli. Les CFF ont par exemple grillagé l'accès aux voies sur l'un d'entre eux entre Lausanne et Genève.

Sur cette ligne, les CFF disent que les intrusions de tiers sont responsables de 12% des retards. Mais la proportion concernant les autres causes n'a pas été dévoilée.

A développer rapidement

La ligne Lausanne-Genève cristallise de nombreuses tensions. Et les chantiers qui y ont cours sont primordiaux pour les CFF. A l'heure actuelle, 60'000 passagers y circulent chaque jour. Mais dans 10 ans, ils seront 100'000. Le nombre de trains, passagers et marchandises, augmentera alors de 670 à 800 par jour. «Il y a un double facteur à prendre en compte. D'une part, la population augmente. Mais la proportion de celle-ci qui se déplace en transports publics croît également», note Alain Barbey, qui se réjouit de voir la Suisse romande concentrer des investissements massifs. «Une dynamique est enclenchée», dit-il.

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