Voyage historique de Bush pour favoriser la paix
Actualisé

Voyage historique de Bush pour favoriser la paix

George W. Bush entreprend mercredi un voyage historique au Proche-Orient pour favoriser un accord de paix entre Israéliens et Palestiniens avant la fin de sa présidence.

Bush entreprend mercredi un voyage historique au Proche-Orient pour favoriser un accord de paix entre Israéliens et Palestiniens avant la fin de sa présidence. Il entend aussi assurer que Washington ne laissera pas ses alliés dans le Golfe seuls face à l'Iran.

«C'est une région d'une grande importance stratégique pour les Etats-Unis», l'Amérique y «restera engagée», et «nous soutiendrons les démocrates et les réformateurs de Beyrouth et Bagdad à Damas et Téhéran», a récemment souligné le président américain.

«Optimiste»

M. Bush se rend en Israël et dans les Territoires pour la première fois depuis le début de sa présidence en 2001. Malgré un scepticisme très répandu, il s'est dit «optimiste» quant à la faculté des belligérants à surmonter 60 ans de conflit avant qu'il ne quitte la Maison Blanche en janvier 2009.

Il s'agit de poursuivre sur la lancée de la conférence d'Annapolis, au cours de laquelle Israéliens et Palestiniens se sont engagés fin novembre à relancer un processus enlisé et rechercher avant fin 2008 un accord menant à la création d'un Etat palestinien coexistant avec Israël.

Entre son arrivée le 9 janvier à Tel Aviv et son départ pour les Etats-Unis le 16, et pendant trois jours en Israël et dans les Territoires, M. Bush, accusé de s'être désintéressé du problème ou d'avoir aveuglément servi les intérêts d'Israël, entend fournir la preuve de son implication, en particulier aux pays arabes sans lesquels la paix paraît difficilement envisageable.

Chances de paix minces

M. Bush, qui se rend ensuite au Koweït, à Bahrein, aux Emirats Arabes Unis, en Arabie saoudite et en Egypte, entend s'assurer qu'eux aussi «veulent la paix au Proche-Orient» et soutiendront ses efforts.

Les chances d'un accord dans les prochains mois sont minces, conviennent les experts. Il y a les différends essentiels, comme les frontières d'un Etat palestinien. Il y a le contrôle de la bande de Gaza par le Hamas, qui refuse de reconnaître le droit à l'existence d'Israël.

Le premier ministre israélien Ehud Olmert et le président palestinien Mahmoud Abbas, sur lesquels compte M. Bush, sont des dirigeants affaiblis qui auront du mal à faire accepter des compromis douloureux.

Selon les experts, M. Bush ne devrait pas mettre les mains dans le moteur de la négociation. Il n'a pas prévu de réunir MM. Abbas et Olmert, mais les rencontrera séparément.

Il pourrait cependant soulever la question de la colonisation et des points de contrôle israéliens. Avant son départ, il a souligné la nécessité d'un démantèlement des colonies sauvages en Cisjordanie.

Iran

M. Bush entreprend aussi ce périple pour rassurer les alliés des Etats-Unis dans le Golfe. Il entend leur expliquer un retentissant rapport du Renseignement américain sur la menace nucléaire iranienne. Ce document, interprété comme minimisant le péril, a pu faire croire à des Etats arabes inquiets de la montée en puissance iranienne que les Etats-Unis pourraient baisser la garde.

«Si toutes les options restent sur la table, je crois que nous pouvons résoudre ce problème diplomatiquement», a aussi dit le président américain pour répondre à l'autre inquiétude d'une éventuelle nouvelle campagne militaire.

Il se rend dans une région où la guerre en Irak et les politiques des Etats-Unis ont suscité de forts sentiments antiaméricains. Dimanche, un militant américain du réseau Al-Qaïda, Adam Yahiye Gadahn, a appelé les radicaux islamistes à accueillir George W. Bush «avec des bombes et des voitures piégées».

L'Irak reste le dossier numéro un de la présidence de M. Bush et une visite surprise ne peut être exclue à l'occasion de sa tournée, au cours de laquelle les intérêts économiques devraient aussi peser lourd avec un baril de pétrole à plus de cent dollars.

(ats)

Ton opinion