Covid-19 – Voyager à l’étranger devient une loterie

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Covid-19Voyager à l’étranger devient une loterie

Les touristes suisses risquent de rester bloqués à l’étranger au retour, car le test PCR désormais obligatoire peut rester positif pendant des semaines après l’infection.

Lucien FORTUNATI

Alors que les personnes vaccinées ou guéries du Covid-19 sont moins prétéritées par les mesures de lutte contre la pandémie, il n’en va pas ainsi en matière de voyage à l’étranger, note la «SonntagsZeitung» du jour. Car elles risquent de rester bloquées à l’étranger, sachant que depuis une semaine seuls les voyageurs ayant un test PCR négatif sont autorisés à entrer en Suisse.

Or, comme le rappelle le journal zurichois, après guérison, le test peut rester positif jusqu’à trois mois, tant chez les vaccinés que chez les non vaccinés: «Voyager devient ainsi une loterie». Et les compagnies aériennes ne peuvent de plus transporter en Suisse que des passagers testés négatifs au Covid-19.

Entrer en train pour contourner le problème

Un conseil circule déjà parmi les voyageurs, note le journal dominical: rentrer en avion près de la frontière suisse et finir le trajet en train. Cela sachant que la règle du test PCR ne s'applique pas aux personnes qui arrivent de certaines régions frontalières.

A l’Office fédéral de la santé publique (OFSP), on explique qu’il est «relativement rare» que les tests PCR soient positifs au-delà de 20 à 30 jours après le début de l’infection. Mais on souligne aussi qu’une personne dont le test est positif peut «en principe être contagieuse», et que de nouvelles infections sont possibles, en particulier avec le variant Omicron.

Voyages trop chers pour certains

Et déjà les voyageurs s’inquiètent, note l’ombudsman de la branche du voyage, Franco Muff interviewé par le journal dominical: les questions des agences de voyages se multiplient, les voyageurs étant inquiets. De plus, les voyageurs risquent de payer cher leur séjour au retour, devant se soumettre à un deuxième test quatre à sept jours après l’entrée en Suisse. Le coût du voyage peut ainsi devenir prohibitif pour des familles avec enfants. De plus, note Franco Muff, les voyageurs ne peuvent pas tous se permettre de rester bloqués à l'étranger. Cela tant à cause du coût d’un séjour prolongé qu’à cause de leurs employeurs qui risquent de ne pas être ravis d’avoir à gérer de telles situations.

Gestion «chaotique» depuis l’apparition d’Omicron

Alors que la Suisse exige un test PCR négatif des voyageurs voulant entrer sur le territoire, les États-Unis laissent entrer sans test les voyageurs qui sont guéris de l’infection depuis 90 jours. L’OFSP justifie son durcissement en la matière par le fait que l'on veut «empêcher de nouvelles entrées d'infections en Suisse, notamment par le variant Omicron», note la «SonntagsZeitung». Franco Muff désapprouve. Il estime que «le comportement de nombreux gouvernements depuis l'apparition d'Omicron est «tout simplement chaotique». Et il serait «illusoire» de penser pouvoir endiguer la propagation de manière décisive avec de telles mesures: «Si l'on considère en outre que la majorité des patients des services de soins intensifs de nos hôpitaux ne sont toujours pas vaccinés, il n’est pas juste que des gens vaccinés doivent désormais se soumettre au scénario de plusieurs tests.»

(ewe)

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