Pendulaires en Suisse: Voyager trop longtemps peut rendre malade
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Pendulaires en SuisseVoyager trop longtemps peut rendre malade

Nombre de Suisses subissent bouchons et trains bondés pour se rendre au travail tous les jours. Et plus le trajet est long, plus ces personnes mettent en danger leur santé, selon des experts.

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Pour les pendulaires, la durée moyenne d'un trajet est d'une demi-heure en Suisse.

Pour les pendulaires, la durée moyenne d'un trajet est d'une demi-heure en Suisse.

Keystone/Alessandro Della Valle

La Suisse est une nation de pendulaires: plus de 2 millions d'employés ont choisi la voiture en 2015 pour se rendre sur le lieu de travail; 1,1 million de personnes ont opté pour les transports publics. A elles, s'ajoutent encore près de 800'000 écoliers, étudiants et apprentis. Le durée moyenne d'un trajet est d'une demi-heure et d'une heure pour un aller-retour, écrivent mercredi nos collègues de «20 Minuten».

Une récente étude de l'économiste suisse Bruno Frey révèle désormais qu'un trop long trajet peut avoir des conséquences négatives pour les pendulaires et cela tant du point de vue social que psychique. L'expert note ainsi que les personnes reliant tous les jours de grandes distances pour aller travailler sont moins satisfaites de leurs conditions de vie que celles dont le parcours pour se rendre au travail est plus court. Nombre d'employés se disent frustrés parce qu'ils n'ont pas assez de temps pour voir leurs amis ou se consacrer pleinement à leur famille.

Maux de tête et troubles du sommeil

«Un trajet de 15 minutes ne pose aucun problème, mais lorsqu'il dépasse les 60 minutes par trajet cela peut devenir pesant pour le pendulaire», explique Bruno Frey à nos confrères. Il ajoute que le stress, les trains bondés et les bouchons peuvent provoquer des problèmes de santé tels qu'une pression sanguine trop élevée, des troubles intestinaux, des maux de tête et de dos ainsi que des troubles du sommeil. Certaines études vont même jusqu'à établir des liens avec un risque de divorce élevé et une tendance à l'obésité.

De son côté, le psychologue Christian Fichter explique que les gens ont tendance à accorder davantage d'importance aux aspects négatifs de leur voyage, tels que l'attente dans les bouchons ou les trains trop remplis, qu'aux avantages qu'un tel mode de vie leur procure. Une de ses études, au cours de laquelle il avait interrogé 1600 pendulaires, révèle néanmoins qu'une majorité d'entre eux sont satisfaits du trajet qu'ils parcourent tous les jours.

«La limite se situe à 50 minutes»

«La plupart des gens sont aussi pendulaires parce qu'ils en tirent un avantage personnel: ils peuvent par exemple exercer la profession de leur rêve tout en vivant dans une maison à la campagne», précise le psychologue. Et d'ajouter: «Les gens savent que cela n'est pas possible en ville à cause des loyers toujours plus élevés.» Reste que comme Bruno Frey, Christian Fichter concède que plus le trajet est long, moins les aspects positifs auront le dessus sur les aspects négatifs. «La limite se situe à environ 50 minutes pour un trajet. Le fait de se sentir impuissant face au temps perdu dans les bouchons ou dans le train peut causer du stress. Si la situation perdure, cela peut provoquer des maux de tête et des troubles du sommeil», estime le psychologue.

«La tendance va encore s'intensifier»

Malgré tout ça, Christian Fichter pense qu'à court terme les gens devront continuer à voyager entre leur lieu de domicile et leur lieu de travail. Selon lui, il faudra encore attendre une dizaine d'années pour que la situation change avec le travail à domicile ou alors des formes de collaborations virtuelles. Même son de cloche auprès de Bruno Frey, qui pense lui-aussi que les gens continueront à jouer les pendulaires: «Aujourd'hui, c'est déjà quasi-impossible pour des jeunes de travailler en ville et habiter à proximité de leur lieu de travail. A mon avis, cette tendance va encore s'intensifier dans les années à venir.»

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