Vaud: Vrai permis B grâce à sa fausse identité

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VaudVrai permis B grâce à sa fausse identité

Un homme a obtenu un permis de séjour sous un nom d'emprunt. Il a ensuite perçu indûment des aides sociales.

par
Christian Humbert
L'arnaqueur, un ex-champion de hip-hop en réalité domicilié à Semsales (FR), a été dénoncé par son ex.

L'arnaqueur, un ex-champion de hip-hop en réalité domicilié à Semsales (FR), a été dénoncé par son ex.

Il prétendait s'appeler Antonio Pedro et il avait tout prévu: une adresse bidon et une fausse identité, qui lui ont permis d'obtenir un vrai permis B de la part du Service de la population. Grâce à ce document, il a pu ouvrir un compte bancaire et encaisser des aides sociales. En 2014, le Centre social régional (CRS) de la Riviera lui a versé 2534 francs.

«Nous n'avions pas de soupçons. Il est en Suisse depuis des années. Nous avons fait notre boulot et fait les contrôles. Il était inscrit sous ce nom au contrôle des habitants de Veytaux et il nous a présenté un permis B, explique la directrice du CSR de la Riviera. Sachant qu'il nous a abusés, nous allons étudier le dépôt d'une plainte pour récupérer les montants perçus.»

L'arnaqueur, un ex-champion de hip-hop en réalité domicilié à Semsales (FR), a été dénoncé par son ancienne copine. Victime de ses manigances, la jeune femme affirme qu'«il ne cesse de mentir». Elle n'est même pas certaine de sa véritable identité et suppose qu'il a des papiers français. «Il nous est déjà arrivé d'être trompés et de délivrer des permis sur la base de faux documents», reconnaît le directeur du Service de la population. Mais il s'interroge sur les motivations du prétendu Antonio Pedro: «Comme Français, il obtenait sans autre un permis B. On ne voit pas son intérêt de s'inventer une autre identité.» Une chose est sûre, toutefois: il n'a pas obtenu d'aides sociales sous sa véritable identité, à Semsales.

«Le système n'est pas infaillible»

Entre 2007 et 2014, 188 permis ont été refusés ou retirés dans le canton de Vaud, indique le Service de la population (SPOP). Les questionnaires sont remplis au Contrôle des habitants de la commune où s'inscrit le demandeur. C'est à cette instance communale que revient la charge de vérifier la véracité des informations avant que le dossier ne soit transmis au SPOP. En cas de doute, le Canton vérifie les fichiers ou demande une enquête de police. «Le système n'est pas infaillible», admet le SPOP.

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