Suisse-UE: «Wait and see», conseille Micheline Calmy-Rey
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Suisse-UE«Wait and see», conseille Micheline Calmy-Rey

L'ex-ministre des affaires étrangères conseille au Conseil fédéral de ne pas «courir à Bruxelles», mais attendre de voir comment l'UE va réagir après le Brexit.

par
Christine Talos
Micheline Calmy-Rey a quitté le Conseil fédéral en 2011.

Micheline Calmy-Rey a quitté le Conseil fédéral en 2011.

photo: Keystone

La question des relations entre la Suisse et l'Union européenne (UE) après le vote du 9 février 2014 contre l'immigration de masse fait l'objet ce mardi d'une interview de l'ancienne conseillère fédérale Micheline-Calmy-Rey dans la Neue Zuercher Zeitung. Pour elle, le vote du Brexit a complètement changé la donne pour la Suisse. Nous ne devons pas nous précipiter à Bruxelles, mais attendre de voir comment la Grande-Bretagne va négocier sa sortie de l'UE, estime-t-elle. «Je dis donc: Wait and See. Laissons les Anglais jouer les chasse-neige.»

«La Genevoise se montre également critique envers l'Europe. Il y a deux visions différentes», explique-t-elle. «L'une qui réclame une intégration forte, l'autre pas. L'UE peine à savoir comment s'y prendre. Elle dit: soit vous êtes dehors, soit vous êtes dedans. Elle fonctionne selon une logique binaire. Moi je pense qu'elle doit essayer de trouver une troisième voie.»

Le biais de l'ordonnance

L'initiative doit être mise en oeuvre en février prochain au plus tard. Mais l'ancienne cheffe des Affaires étrangères estime qu'il n'y a pas lieu de se presser. Selon elle, le Conseil fédéral pourrait très bien utiliser la voie de l'ordonnance, note la Genevoise.

Selon la socialiste genevoise, la Suisse doit utiliser la même stratégie que le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, lorsqu'il était Premier ministre du Luxembourg. «Il avait attendu de voir comment la Suisse avait négocié avec l'UE la fiscalité de l'épargne, puis s'était engouffré dans la brèche», rappelle-t-elle.

Trouver un consensus

Mais Wait and See ne veut pas dire ne rien faire, selon l'ancienne conseillère fédérale. La Suisse doit trouver un consensus sur la mise en oeuvre de l'initiative. Qui pourrait avoir la forme d'un contre-projet à l'initiative Rasa, selon elle. Tant qu'elle n'aura pas une unanimité pour la soutenir, la Suisse sera mal placée pour négocier avec Bruxelles.

Mais cette mise en oeuvre doit être compatible avec l'UE et ne pas provoquer inutilement l'Union européenne, met encore en garde Micheline Calmy-Rey. Qui conseille aussi de faire ratifier l'extension de l'accord sur la libre circulation des personnes à la Croatie, afin de protéger les accords sur la recherche et la formation.

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