Crise financière: Wall Street en nette baisse
Actualisé

Crise financièreWall Street en nette baisse

Le gouvernement américain a averti mercredi que l'économie des Etats-Unis allait affronter des temps difficiles.

Il n'en compte pas moins sur le plan de sauvetage bancaire pour réamorcer la pompe du crédit et éviter une récession prolongée.

«Nous allons devoir affronter un certain nombre de défis pendant un certain nombre de mois. Cela va prendre du temps pour surmonter cette phase», a admis le secrétaire au Trésor Henry Paulson, sur la chaîne de télévision ABC.

Sans prononcer le terme de récession, il a reconnu qu'il y aurait des «cahots sur la route, des défis» mais il a affirmé que les Etats-Unis ont, grâce au plan de sauvetage bancaire de 700 milliards de dollars adopté début octobre par le Congrès, «les instruments nécessaires» pour redresser la barre.

Indicateurs négatifs

Peu après ses déclarations, plusieurs indicateurs économiques ont été publiés, dont les ventes de détail qui ont chuté de 1,2% en septembre - deux fois plus vite que prévu - signe de l'essoufflement de la consommation, le moteur principal de l'économie américaine.

Comme depuis plusieurs mois, ce sont les ventes d'automobile qui ont plombé l'indicateur, les Américains tendant à reporter leurs achats du fait de leurs difficultés à accéder au crédit.

George W. Bush se veut rassurant

En dépit des nuages qui s'accumulent, le président George W. Bush s'est voulu rassurant, affirmant «j'ai confiance qu'à long terme, l'économie américaine se redressera». Il a assuré que le plan bancaire qui prévoit depuis mardi l'entrée de l'Etat dans le capital de dizaines de banques ressortait de «mesures exceptionnelles» et n'équivalait pas à un interventionnisme exagéré sur l'économie.

Pour M. Bush, il était «indispensable», sinon «le gel des crédits, l'incapacité pour les banques à prêter aux entreprises auraient eu un impact sur les travailleurs et les petites et moyennes entreprises».

Rechute boursière

Wall Street a accusé le coup mardi en ouvrant sur une nette baisse de 1,5% du Dow Jones, puis a accentué ses pertes chutant en matinée de 3,5% sous la barre des 9000 points, le marché s'inquiétant des conséquences de la crise financière pour l'économie réelle.

La rechute des principales places européennes, entamée le matin déjà, en a été fortement accélérée. Peu avant la clôture l'indice SMI de la Bourse suisse plongeait ainsi de 5,5%, et les indices vedettes de Bourses de Londres, Paris et Francfort lâchaient autour de 7%.

Le spectre de la récession

La présidente de la Réserve fédérale américaine de San Francisco, Janet Yellen, a attisé les craintes en affirmant mardi soir que les Etats-Unis pourraient être déjà entrés en récession. «Les données économiques récentes suggèrent que l'économie a été plus faible qu'on ne s'y attendait au troisième trimestre, révélant probablement aucune croissance», a déclaré Mme Yellen lors d'un discours à Palo Alto (Californie).

«La croissance du quatrième trimestre semble encore plus faible avec une contraction (de l'activité) très probable», a ajouté Mme Yellen, selon qui «en fait l'économie américaine semble en récession» (deux trimestres consécutifs de baisse du PIB).

Intervenant le même soir à Memphis (Tennessee), le président de la banque de Réserve fédérale de Saint-Louis, James Bullard, avait lui soigneusement évité le terme de récession. «Si les perturbations du marché financier peuvent être contenues, alors une issue relativement bénigne est possible, dans laquelle la performance économique américaine serait ralentie mais sans baisse durable», a-t-il dit.

«Les gens peuvent s'attendre à ce que la confiance revienne dans le système, à ce que les banques recommencent à faire des prêts et à ce que l'activité financière redevienne normale», a assuré M. Paulson. «L'Amérique est une nation forte, nous sommes des gens optimistes et nous avons les instruments et les ressources nécessaires. Nous allons gagner ce défi», a-t-il encore indiqué. (ats)

Ton opinion