Actualisé 03.09.2019 à 22:33

Etats-UnisWalmart cesse de vendre des munitions

La célèbre chaîne de supermarchés américaine va mettre fin à la vente des munitions alimentant les armes semi-automatiques.

Sous pression après une fusillade meurtrière dans une de ses enseignes au Texas le mois dernier et face à la multiplication des tueries de masse aux Etats-Unis, le géant de la distribution Walmart a annoncé mardi mettre fin à la vente des munitions alimentant les armes semi-automatiques.

Dans un communiqué, le patron du groupe, Doug McMillon, a qualifié «d'inacceptable» le statu quo sur l'encadrement des armes à feu et demandé au Congrès et à la Maison Blanche de prendre des mesures de «bon sens», notamment en renforçant la vérification des antécédents des acheteurs d'armes.

Cette décision intervient un mois après une fusillade dans un supermarché Walmart à El Paso, au Texas, qui avait coûté la vie à 22 personnes. Une autre fusillade a eu lieu samedi dernier dans cet Etat du sud du pays, dans la ville d'Odessa, avec un bilan de sept morts.

M. McMillon a précisé que Walmart, numéro un mondial de la grande distribution, arrêterait de vendre des munitions pour les fusils d'assaut semi-automatiques utilisant des munitions de calibre 5,56 (ou son équivalent .223), une fois que les stocks actuels seraient écoulés.

Ces armes de type AR-15 sont extrêmement répandues aux Etats-Unis où elles équipent aussi beaucoup de chasseurs, qui sont nombreux à s'équiper dans les magasins Walmart, réputés pour leurs prix bas et connus pour être des lieux de socialisation pour une partie de l'Amérique rurale.

Le patron du géant des supermarchés a indiqué que la part du groupe sur le marché américain des munitions, qui s'établit aujourd'hui à environ 20%, devrait chuter pour passer de 6 à 9%. Walmart a également demandé à ses clients de s'abstenir de déambuler dans ses enseignes avec des armes à feu à la vue de tous, dans les Etats où il est autorisé de les porter de manière visible.

Réactions

La NRA, le puissant lobby pro-armes, a réagi à la décision du groupe en disant regretter que Walmart «succombe à la pression des élites anti-armes». «Les files d'attente à Walmart seront bientôt remplacées par des files d'attente dans d'autres magasins, qui soutiennent plus activement les libertés fondamentales américaines», a tweeté la NRA.

Plusieurs candidats démocrates à la présidentielle de 2020 ont en revanche apporté leur soutien aux nouvelles mesures tout en appelant à aller plus loin. Joe Biden, favori des sondages, et Beto O'Rourke ont notamment plaidé pour une loi permettant la vérification des antécédents pour l'ensemble des citoyens. Elizabeth Warren a elle affirmé que Walmart «peut et doit en faire plus.»

De son côté, le président américain Donald Trump, compagnon de longue date de la NRA, mais qui s'était dit favorable à des réformes de «bon sens» début août, n'avait, pour l'heure, pas réagi. L'hôte de la Maison Blanche s'était dit favorable à un renforcement des vérifications des antécédents pour les acquéreurs d'armes après la tuerie d'El Paso, mais semblait avoir changé d'avis après un coup de fil fin août avec le patron de la NRA.

Après chaque fusillade de masse aux Etats-Unis, le lobby pro-armes pèse de son poids politique et financier pour enterrer toute initiative visant à limiter l'accès aux armes individuelles.

Des précédents

Plus gros employeur privé des Etats-Unis avec 1,5 million de salariés revendiqués sur le territoire américain et l'un des principaux vendeurs d'armes du pays, le groupe de grande distribution avait déjà pris des mesures pour limiter l'achat d'armes à feu avant l'annonce de mardi.

Après le carnage dans le lycée de Parkland, en Floride, qui avait fait 17 morts en février 2018, Walmart avait décidé, tout comme ses concurrents Dick's Sporting Goods et Kroger, de relever à 21 ans l'âge d'achat des armes. Le numéro un mondial de la grande distribution avait en outre arrêté de vendre des fusils d'assaut dès 2015.

Walmart n'est pas non plus le premier groupe américain à se positionner sur le débat ultra-sensible du port d'armes aux Etats-Unis. L'an dernier, le fabricant de jeans Levi's avait lui créé un fonds doté d'un million de dollars pour soutenir activistes et associations militant contre les armes à feu.

Et après la tuerie de Parkland, les loueurs de voitures Hertz et Enterprise (Alamo, National), les assureurs Metlife et Chubb ou encore la société de sécurité informatique Symantec avaient officiellement mis fin aux avantages consentis aux plus de 5 millions de membres de la NRA. . (nxp/afp)

(NewsXpress)

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