Tornos: Walter Fust élu au conseil d'administration
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TornosWalter Fust élu au conseil d'administration

L'entrepreneur alémanique a été élu mercredi à une large majorité dans l'organe de surveillance du fabricant prévôtois de machines-outils.

Walter Fust, principal actionnaire de Tornos avec une participation de près de 43% depuis le début de l'année, estime que l'entreprise doit repartir de zéro. En 2013, le groupe a doublé sa perte nette à 45,6 millions de francs.

Les douze dernières années ont été des années perdues, a expliqué Walter Fust dans un entretien à l'ATS au terme de l'assemblée générale qui s'est tenue à Moutier (BE). Les pertes se sont additionnées et la gestion s'est révélée désastreuse. «Le problème vient des personnes et non des produits».

Pendant cette même période, l'horlogerie a connu une croissance extraordinaire et Tornos n'a pas su en profiter, estime M. Fust. Pourtant ce secteur est l'un des principaux clients de l'entreprise du Jura bernois, et il dépend des entreprises de machines-outils.

«Il faut des fleurons suisses pour fabriquer des montres suisses». Starrag, groupe saint-gallois de machines-outils dont M. Fust est le président du conseil d'administration, est par exemple bien implanté dans ce domaine avec sa filiale fribourgeoise Bumotec, a-t-il relevé.

Erreurs de gestion

Tornos a aussi négligé son service après-vente ces dernières années, ce à quoi la nouvelle stratégie mise en place en 2011 doit remédier. Dans la machine-outil, il est important de faire en sorte que le produit, le prix, la production, la distribution et le service à la clientèle soient coordonnés.

L'autre erreur a été de se concentrer sur des marchés comme la France, l'Italie ou l'Espagne, qui ont connu la crise par la suite, plutôt que d'axer le travail sur la Chine. «Starrag réalise 25 à 30% de son chiffre d'affaires en Chine, Tornos pourrait aussi y arriver», relève M. Fust.

Depuis sa dernière restructuration, Tornos fabrique le haut de gamme et les composants clés en Suisse, alors que les produits d'entrée et de moyen de gamme sont à présent manufacturés en Chine et à Taïwan.

Quant à une fusion avec Starrag, «elle n'est pas nécessaire», a expliqué M. Fust. «Mais il est important de travailler ensemble». Les synergies doivent passer par des achats en commun pour faire baisser les prix auprès des fournisseurs et dans les services à la clientèle, selon lui.

Equilibre en vue

Investir dans Tornos est un risque, mais aussi une chance, a ajouté l'entrepreneur. Le groupe compte atteindre l'équilibre en 2014, ce dont il est lui aussi convaincu.

A la question d'un actionnaire, le président du conseil d'administration François Frôté a indiqué que les résultats du 1er trimestre laissent entrevoir que le groupe est sur la bonne voie. Ceux-ci seront publiés début mai.

Outre l'élection de M. Fust, l'assemblée générale de Tornos a reconduit les autres administrateurs du groupe, à savoir Frank Brinken, également directeur général de Starrag, Michel Rollier, qui détient près de 15% du capital, et le président François Frôté. Deux administrateurs, le vice-président Claude Elsen et Philippe Maquelin, ne se représentaient pas.

Les actionnaires de Tornos ont également accepté de modifier les statuts de l'entreprise pour se conformer aux nouvelles exigences liées à l'initiative Minder sur les rémunérations abusives. (ats)

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