Actualisé 07.02.2019 à 17:17

Course à piedWanders prêt à fondre sur le record d'Europe de Farah

Le Genevois dispute le semi-marathon de Ras el Khaïmah dans la nuit de jeudi à vendredi.

de
Pascal Bornand
Julien Wanders doit abaisser son record de Suisse de 38 secondes pour battre le record d'Europe.

Julien Wanders doit abaisser son record de Suisse de 38 secondes pour battre le record d'Europe.

Keystone

Dans quelques heures, Julien Wanders se mettra en route à Ras el Khaïmah, cet émirat du Golfe qui veut refaire de son semi-marathon le plus rapide du monde. La discipline est certes moins prestigieuse que son grand frère, le mythique marathon, mais elle attire tout autant les convoitises. Surtout lorsque 100 000 dollars sont promis à celui qui battra le record du monde (58'18'') établi en octobre dernier à Valence par le Kényan Abraham Kiptum. Ce vendredi matin (4 h, heure suisse), ils seront nombreux à s'y attaquer, pied au bitume, à l'ombre des dunes de sable.

Dans cette cohorte africaine, un athlète sortira du lot, le Genevois Julien Wanders, que certains se plaisent à identifier comme le «Kényan blanc». Un surnom qui tient autant à ses capacités hors normes, comparables à celles des coureurs des hauts plateaux, qu'à l'adresse postale de son pied-à-terre africain.

Voilà cinq ans que le Genevois a en effet établi son camp de base à Iten, à 2400 mètres d'altitude. C'est là, depuis trois mois, qu'il s'est préparé de façon intensive. Seule récréation pour lui, un crochet victorieux à Houilles, en banlieue parisienne, où il a fêté Nouvel-An en améliorant son record d'Europe du 10 km en 27'25''.

«La course décidera»

Arrivé à Ras el Khaïmah mardi, Julien Wanders ne cache pas ses intentions. Il a en ligne de mire le record d'Europe de l'Anglais Mo Farah (59'32''), soit 37 secondes de moins que son propre record de Suisse (60'09''), établi un an plus tôt à Barcelone. Le jeune homme de 22 ans n'a pas froid aux yeux. «Je suis en forme, mieux préparé que jamais», affirme-t-il. Et d'ajouter, toujours aussi cash: «Je ne fais pas du record une obsession. La victoire me tente et j'ai un autre chrono en tête.»

Tactiquement, le double vainqueur de la Course de l'Escalade mise beaucoup sur la valeur de la participation, avec treize concurrents au départ qui ont déjà couru sous l'heure de course. «Ce n'est pas comme à Houilles où c'était à moi de faire le travail. Là, je n'ai rien à faire, sinon à me glisser dans le groupe, à suivre l'allure et à partir si l'occasion se présente. En fait, je ne sais pas trop ce que je suis capable de faire. D'accord, j'ai bien progressé, mais c'est la course qui décidera. Je ne serai pas le seul à vouloir aller vite.»

Une chose semble établie: au départ, Julien Wanders est décidé à se mêler au premier groupe, programmé pour passer au 10e kilomètre en 27'40''! À Barcelone, il était passé en 28'30''

Marco Jäger un peu plus prudent

C'est de Genève que Marco Jäger suivra la course de son protégé. 6500 kilomètres et quelques nuances d'appréciation séparent les deux hommes. «Je suis un peu plus prudent, indique le coach du Stade Genève. Bien sûr, Julien est aussi en forme que l'an passé et je le sens capable de descendre sous les 60 minutes. Le parcours, très plat, est favorable à un chrono rapide. Mais ces derniers temps, il a ressenti beaucoup de fatigue et il a été victime d'un rhume. À 2400 m d'altitude, ce n'est pas anodin. J'espère qu'il aura bien récupéré.» Cela dit, Marco Jäger est prêt à se laisser surprendre. «Sur route, Julien m'a souvent étonné. Bien plus que sur la piste!»

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