Actualisé 04.07.2013 à 08:31

Egypte

Washington évacue son ambassade

Les Etats-Unis et de nombreux pays ont exprimé leur inquiétude mercredi soir après la destitution par l'armée égyptienne du président Mohamed Morsi.

Le président américain Barack Obama, qui s'est dit «profondément inquiet» quelques heures après la destitution du président Morsi par l'armée, a ainsi appelé à l'élection rapide d'un nouveau gouvernement civil en Egypte.

Barack Obama a par ailleurs annoncé qu'il allait demander aux agences et ministères concernés d'étudier les «implications» légales de la nouvelle situation pour l'aide que Washington verse annuellement à l'Egypte --et qui, en vertu de la loi américaine, ne peut aller vers un pays où un coup d'Etat a eu lieu. Washington a aussi ordonné l'évacuation de son ambassade au Caire.

«Retourner rapidement au processus démocratique»

Le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon a estimé mercredi «préoccupante» l'intervention de l'armée pour renverser le président égyptien, tout en jugeant les revendications des manifestants égyptiens «légitimes». «Il sera donc essentiel de renforcer rapidement l'ordre civil en accord avec les principes de la démocratie», a-t-il ajouté.

L'Union européenne a appelé de son côté toutes les parties en Egypte à «retourner rapidement au processus démocratique», notamment par la tenue de nouvelles élections présidentielles, après le renversement du président islamiste démocratiquement élu.

Le Royaume-Uni a appelé au calme en Egypte après l'éviction par l'armée du président égyptien. Il a évité de parler d'un «coup d'Etat», tout en se prononçant contre l'intervention de l'armée pour changer le régime.

La France a pris «acte» de l'annonce en Egypte de nouvelles élections, a déclaré le chef de la diplomatie française Laurent Fabius. Elle «souhaite que les échéances soient préparées dans le respect de la paix civile, du pluralisme, des libertés individuelles et des acquis de la transition démocratique, afin que le peuple égyptien puisse choisir librement ses dirigeants et son avenir», a ajouté M. Fabius.

Le Canada a appelé à «un dialogue constructif» entre toutes les parties en Egypte après le renversement par l'armée du président Morsi. «Le Canada exhorte toutes les parties en Égypte (au) calme, à éviter la violence et à s'engager dans un dialogue constructif», a dit Rich Roth, porte-parole du ministre des Affaires étrangères.

Préserver les droits de l'Homme

Le roi Abdallah d'Arabie saoudite a été le premier dirigeant étranger à féliciter M. Mansour, qualifié de «président de la République arabe d'Egypte soeur», avant même sa prestation de serment. Le Soudan a fait savoir qu'il espérait que «la paix et la stabilité prévalent» dans son pays «frère» l'Egypte, selon l'agence Suna. Le gouvernement brésilien s'est dit «préoccupé» par la «grave situation» en Egypte et a appelé à un dialogue sans violence pour une solution institutionnelle de la crise.

Amnesty International a lancé un appel à l'armée égyptienne pour qu'elle «fasse tout ce qui est en son pouvoir pour préserver les droits de l'Homme et la sécurité de chacun en Egypte, quelles que soient ses opinions politiques».

Enfin, pour l'organisation de défense des droits de l'Homme Human Rights Watch pour le Moyen-Orient, «le nouveau gouvernement égyptien devrait rompre de manière décisive avec le modèle d'abus graves qui a prévalu depuis le soulèvement de janvier 2011 et s'engager au respect des droits de libre expression et de réunion pacifique».

«Les autorités devraient protéger et promouvoir les droits de tous les Egyptiens et mettre fin aux arrestations arbitraires de membres des Frères Musulmans et de leur allié du parti de la Liberté et de la Justice», a encore indiqué l'organisation. (afp)

Une victoire «légitime»

La presse égyptienne, gouvernementale et indépendante, saluait jeudi dans son ensemble comme «légitime» la déposition par l'armée du président islamiste Mohamed Morsi après de vastes manifestations réclamant son départ, à l'exception du journal des Frères musulmans, «Victoire pour la légitimité populaire», titrait le quotidien gouvernemental al-Gomhouria, en mettant en Une une photo du chef de l'armée et nouvel homme fort du pays, le général Abdel Fattah al-Sissi, sous une autre de la foule des anti-Morsi place Tahrir. «Le président chassé par la légitimité populaire», faisait écho un autre titre gouvernemental, al-Ahram.

La presse indépendante, largement favorable à l'opposition au président Morsi, soulignait, comme le quotidien al-Chorouq, «la victoire de l'armée et du peuple», et al-Masry al-Youm titrait: «l'Egypte est de retour».

Horreya al-Adala, le journal du parti de la liberté et de la justice, émanation des Frères musulmans, ignorait de son côté la déposition du président, et faisait sa une sur les manifestations islamistes «de soutien à la légitimité» de Morsi, et sur ses dernières déclarations proposant un gouvernement de consensus.

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