Washington opposé à tout objectif de réduction des gaz à effet de serre
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Washington opposé à tout objectif de réduction des gaz à effet de serre

Les Etats-Unis ont affirmé lundi à la conférence de l'ONU qu'une feuille de route pour parvenir un nouvel accord sur les gaz à effet de serre ne devait pas évoquer des objectifs de réduction des émissions pour les pays riches.

Reste que réduire les émissions jusqu'à 40% demeure essentiel pour modérer le réchauffement de la planète, a souligné Yvo de Boer, secrétaire exécutif de la Convention cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC).

La conférence de Bali, qui réunit les délégués de quelque 190 pays du 3 au 14 décembre, vise à élaborer une «feuille de route» fixant le cadre des négociations sur un traité destiné à remplacer le protocole de Kyoto, qui expire en 2012.

Un projet du texte mentionne des objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES), mais de manière non contraignante. Il rappelle en préambule des notions largement admises: les rejets des pays industrialisés doivent être réduits de 25% à 40% d'ici 2020 par rapport à 1990 et il faut que les émissions atteignent leur apogée dans les 10 ou 15 prochaines années pour pouvoir ensuite être réduites de moitié par rapport à 2000 d'ici 2050.

Mais la plupart des délégués et des écologistes craignent que ces chiffres ne soient retirés du texte final, surtout après que les Etats-Unis et plusieurs de leurs alliés eurent exprimé clairement lundi leur opposition à des objectifs contraignants.

Pour Jennifer Morgan, porte-parole du Réseau action climat, qui regroupe plusieurs organisations de défense de l'environnement, l'attitude des gouvernements sur le sujet devrait être riche d'enseignements. «Cela va montrer s'ils sont sérieux ou pas, s'ils soutiennent ou non ces réductions d'émissions», explique-t-elle.

Harlan Watson, le négociateur de la délégation américaine, affirme qu'il existe de «nombreuses incertitudes» sur les chiffres et que les accepter aujourd'hui risque de limiter le champ de futures négociations. Selon lui, ouvrir le texte avec une «réponse prédéterminée» sur l'ampleur des réductions à entreprendre n'est pas «approprié».

Yvo de Boer dit toutefois espérer la présence d'objectifs précis de réduction dans le texte final, évoquant la nécessité «d'envoyer un signal clair».

Les écologistes se disent pour l'instant satisfaits des discussions à Bali mais jugent qu'il est trop tôt pour parler de succès. «On se rapproche peut-être d'une décision, mais nous sommes encore loin d'un accord politique sur des réductions importantes des émissions de carbone», tempère Hans Verolme, du Fonds mondial pour la nature (WWF).

De son côté, l'Organisation mondiale de la santé (OMS) a averti lundi que le monde devait se préparer dès maintenant aux conséquences sanitaires du changement climatique, qui devrait provoquer une recrudescence des maladies transmises par l'eau, des crises cardiaques et des décès liés aux vagues de chaleur. «Nous devons nous réveiller», a lancé Alex Hildebrand, expert de la santé environnementale à l'OMS, lors d'un atelier organisé à Bali. «Il faut prendre cette question beaucoup plus au sérieux.» (ap)

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