Actualisé 07.04.2013 à 11:00

Corée du NordWashington reporte un essai de missile

Pour éviter les quiproquos avec la Corée du Nord, les Etats-Unis ont décidé de ne pas effectuer un lancement de missile prévu la semaine prochaine.

Le Pentagone a reporté un essai de missile balistique intercontinental qui devait avoir lieu en Californie la semaine prochaine. Ce report est lié aux tensions autour de la question nucléaire avec la Corée du Nord, a indiqué un responsable américain de la Défense samedi.

Cette source a précisé que le secrétaire américain à la Défense, Chuck Hagel, avait décidé de reporter l'essai d'un Minuteman 3, missile balistique intercontinental à ogives nucléaires, depuis la base aérienne de Vandenberg, jusqu'au mois prochain. Le Pentagone s'inquiète du fait que cela «puisse être considéré comme exacerbant la crise en cours avec la Corée du Nord».

«Nous voulons éviter une mauvaise perception ou une manipulation», a ajouté ce responsable. «Nous nous sommes engagés à tester nos missiles balistiques intercontinentaux (ICBM) pour garantir un arsenal sûr, fiable et efficace», a-t-il toutefois rappelé.

Déclarations belliqueuses

Pyongyang a multiplié ces dernières semaines les déclarations belliqueuses, furieux du nouveau train de sanctions adopté par l'ONU après son essai nucléaire du début février, et aussi des manoeuvres militaires conjointes en cours entre les Etats-Unis et la Corée du Sud.

L'annonce du Pentagone intervient alors que Pyongyang a installé un deuxième missile de moyenne portée sur sa côte est et menace d'effectuer des frappes, y compris nucléaires, sur des objectifs américains.

Le Musudan aurait une portée de 3000 kilomètres, soit la capacité d'atteindre la Corée du Sud ou le Japon. Avec une charge légère, il pourrait toucher des cibles à 4000 kilomètres, et donc, en théorie, frapper Guam, île du Pacifique située à 3380 km de la Corée du Nord et où sont stationnés 6000 soldats américains.

Réacteur nucléaire

Les dernières crises entre Pyongyang et la communauté internationale remontent à décembre dernier avec le lancement réussi d'une fusée, considéré comme un tir d'essai de missile balistique, puis à février avec un troisième essai nucléaire.

Dans son bras de fer avec le reste du monde, la Corée du Nord a été plus loin encore mardi en annonçant son intention de redémarrer un réacteur nucléaire arrêté en 2007 malgré les résolutions de l'ONU lui interdisant tout programme atomique.

Puissance nucléaire militaire depuis son premier essai en 2006, la Corée du Nord avait accepté en 2007 d'interrompre ses activités atomiques en échange d'une aide économique et de garanties de sécurité.

Mais Pyongyang a toujours refusé les inspections de ses installations et s'était retiré en décembre 2008 des négociations à six sur son programme nucléaire - associant la Chine, les Etats-Unis, le Japon, la Russie et les deux Corées. (ats/afp)

Pékin protège ses diplomates

La Chine a indiqué dimanche avoir demandé à la Corée du Nord de garantir la sécurité de ses diplomates. Pyongyang s'est déclaré vendredi incapable d'assurer la sécurité des ambassades à partir du 10 avril en cas de conflit.

«Le gouvernement chinois a déjà demandé à la Corée du Nord d'assurer instamment la sécurité des diplomates chinois en Corée du Nord, conformément à la convention de Vienne, au droit et aux pratiques internationaux», a déclaré le porte-parole du ministère des Affaires étrangères Hong Lei dans un communiqué publié sur le site du ministère.

L'ambassade de Chine fonctionne toutefois «normalement», a-t-il dit. Au cours d'un entretien téléphonique avec le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon, le ministre chinois des Affaires étrangères, Wan Yi a fait part de «sa grande inquiétude» concernant les tensions croissantes dans la péninsule coréenne.

«Nous nous opposons à tout acte et toute déclaration provocants de quelque partie dans cette région, et nous ne permettrons pas de perturbations aux portes de la Chine», a-t-il dit selon un communiqué diffusé samedi soir.

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