Actualisé 27.07.2012 à 20:19

Conjoncture

Washington révise à la baisse ses prévisions

La Maison Blanche a revu à la baisse vendredi ses prévisions de croissance pour 2012 et 2013 quelques heures après la confirmation d'un ralentissement de l'économie américaine ces derniers mois.

Dans son rapport semestriel sur le budget, la présidence américaine prévoit désormais une croissance de 2,3% du produit intérieur brut (PIB) cette année et de 2,7% l'an prochain. En février, elle tablait sur des chiffres de 2,7% et 3,0% respectivement.

Le gouvernement a également revu à la baisse le déficit budgétaire pour l'exercice 2012 qui prend fin en septembre: 1211 milliards de dollars (7,8% du PIB), soit 116 milliards de moins que dans sa dernière prévision.

Le chômage, un fardeau pour Obama

En début de journée, le ministère du Commerce a annoncé une hausse du PIB de 1,5% en rythme annualisé par rapport au trimestre précédent où il avait gagné 2,0% entre avril et juin.

Une première estimation qui dépasse toutefois les prévisions des économistes, qui tablaient sur une hausse du PIB de 1,2%, mais elle fait apparaître la pente descendante sur laquelle la première économie du monde est engagée.

Au dernier trimestre de 2011, le volume de richesse produite sur le sol américain avait bondi de 4,1%, selon le chiffre révisé à la hausse publié vendredi, mais sa progression n'a, depuis, cessé de ralentir.

En pleine campagne présidentielle, cet indicateur a aussitôt donné lieu à des interprétations radicalement différentes dans les deux camps qui se disputent la Maison Blanche. «Ce PIB faible est une mauvaise nouvelle supplémentaire pour les familles américaines en difficulté», a estimé le républicain Reince Priebus.

La baisse du taux de chômage, actuellement de 8,2%, devrait elle être particulièrement lente et rester un fardeau politique pour le président Barack Obama au moment où il sollicite un second mandat. Selon le bureau du budget de la présidence américaine (OMB), le chômage ne devrait décroître que lentement et atteindre 7,6% de la population active fin 2013.

Supplément de croissance nécessaire

«L'économie continue à avancer dans la bonne direction», a au contraire constaté Alan Krueger, conseiller économique du président démocrate Barack Obama, en ajoutant toutefois qu'un supplément de croissance était «nécessaire».

«Il y a peu de choses dans ce rapport qui donnent beaucoup d'espoir sur une substantielle accélération de la croissance», juge toutefois Dean Baker, du Centre de recherche politique et économique à Washington.

Prédisant un «élan» au troisième trimestre, Harm Bandholz, d'UniCredit, est moins pessimiste, mais il s'inquiète de la «forte incertitude» autour de l'économie mondiale et du redouté «mur fiscal» aux Etats-Unis: l'expiration, prévue fin 2012, de réductions d'impôts conjuguée à des baisses automatiques de dépenses publiques.

Le tableau de l'économie américaine qui se dessine au deuxième trimestre incite à tout le moins à la prudence. Malgré un taux de chômage persistant, la consommation des ménages, notamment de services, a relativement bien résisté, grappillant 1,5% d'avril à juin, et a permis à elle seule d'assurer 70% de la hausse du PIB.

Bond des exportations

Mais elle ralentit toutefois, notamment par rapport au trimestre précédent, où elle avait gagné 2,4%, au moment même où la progression du revenu disponible des ménages se tasse légèrement.

La véritable bonne surprise vient des exportations qui bondissent de 5,3% sur le trimestre, contre 4,4% sur les trois précédents mois. Sur le front des mauvaises nouvelles, le ministère du Commerce souligne la «contribution négative» à la croissance des dépenses publiques, qui ont reculé de -1,4% entre avril et juin, pour le huitième trimestre consécutif. (ats)

Ton opinion

Trouvé des erreurs?Dites-nous où!