Affaire UBS: Washington veut éviter l'escalade
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Affaire UBSWashington veut éviter l'escalade

Dans le conflit qui oppose l'UBS aux Etats-Unis, Washington tient à «éviter l'escalade», a assuré un haut représentant du ministère américain de la Justice.

La position des Etats-Unis dans cette affaire de fraude fiscale ne doit pas être perçue comme une attaque contre la Suisse, a déclaré David Margolis, vice-ministre de la justice ad interim. Ses propos étaient rapportés par la conseillère fédérale au terme de ses entretiens, devant la presse à l'ambassade suisse de Washington.

Mme Widmer-Schlumpf a défendu la position de la Suisse dans ce conflit. M. Margolis avait auparavant fait savoir qu'il était prêt à négocier avec les autorités suisses sur le cas de l'UBS. Mme Widmer-Schlumpf a soutenu que les ministres des finances des deux pays devaient également être intégrés à ces discussions.

La ministre de la justice a encore indiqué qu'elle avait expliqué à M. Margolis que l'exécution d'une procédure d'entraide judiciaire prenait un certain temps. Son interlocuteur a compris la position de la Suisse et l'a acceptée, a-t-elle rapporté.

Le peuple suisse «mécontent»

Mme Widmer-Schlumpf s'est également entretenue avec le ministre américain de la justice Eric Holder. En prévision de cette rencontre, M. Holder avait indiqué qu'il n'évoquerait pas avec elle les problèmes rencontré par l'UBS aux Etats-Unis. Il considère que parler de cette affaire le placerait dans une situation embarrassante, vu qu'il a été l'avocat de la banque suisse en 2008 lors d'un procès dans le Maryland.

Malgré cela, la conseillère fédérale lui a tout de même fait part de son étonnement en ce qui concerne la demande d'informations de Washington sur 52 000 détenteurs de comptes UBS aux Etats-Unis. Cette exigence a provoqué du «mécontentement» au sein de la population suisse, lui a-t-elle fait savoir.

Guantanamo

Les discussions avec Eric Holder ont avant tout porté sur Guantanamo et la lutte contre le terrorisme. M. Holder a remercié la Suisse d'examiner la possibilité d'un accueil d'ex-détenus sur territoire helvétique, ont indiqué différentes sources.

Le Conseil fédéral ne fait cependant aucun lien entre le dossier Guantánamo et la polémique autour du secret bancaire, a réaffirmé Micheline Calmy-Rey lundi devant le Conseil des Etats.

A Washington, la Suisse et les Etats-Unis se sont entendus pour poursuivre leur étroite collaboration dans la lutte contre le terrorisme, le financement des activités terroristes et le crime organisé.

Soutiens d'ex-diplomates

Deux ex-diplomates, suisse et américain, ont volé lundi au secours de la Confédération. L'ancienne ambassadrice américaine à Berne, Faith Whittlesey a qualifié la Suisse de «vieil ami digne de confiance, un partenaire fidèle dans la lutte contre le trafic de drogue, le terrorisme et d'autres menaces».

Dans le monde de la finance, ce petit pays joue un rôle important et offre avec ses investissements aux Etats-Unis un emploi à environ 500 000 Américains, ajoute la républicaine, ambassadrice entre 1981 et 1983, puis de 1985 à 1988, dans une tribune publiée lundi sur le site internet du «Financial Times».

La faute à l'UBS

L'ex-consul général de Suisse à New York Raymond Loretan considère lui que la seule responsable de l'attaque américaine contre le secret bancaire suisse est l'UBS. Cette nouvelle épreuve est «sérieuse», mais ne met pas en danger la «solide» relation entre Berne et Washington.

Raymond Loretan juge que la Suisse n'a pas appris de l'affaire des fonds juifs en déshérence, qui avait éclaté avec une violence inattendue. Dans l'affaire du secret bancaire, «on n'a par naïveté pas anticipé le scénario du pire», à savoir une réaction brutale à l'»attentisme» de la Suisse, affirme-t-il dans un entretien au journal «Le Temps» publié lundi.

M. Loretan estime que la Suisse doit maintenant produire de gros efforts afin de redresser son image. Une opération de relation publique d'envergure est «urgente». (ats)

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