Actualisé 20.06.2017 à 04:06

Syrie

Washington veut se rabibocher avec Moscou

Les Etats-Unis ont annoncé vouloir rétablir la communication militaire avec Moscou concernant le Moyen-Orient.

«Nous allons travailler dans les prochaines heures sur le plan diplomatique et militaire pour rétablir» ces communications a assuré le général Joe Dunford (ici). (Image d'archive)

«Nous allons travailler dans les prochaines heures sur le plan diplomatique et militaire pour rétablir» ces communications a assuré le général Joe Dunford (ici). (Image d'archive)

Les Etats-Unis, à la tête de la coalition antidjihadiste, ont affirmé vouloir rétablir avec la Russie le canal de communication militaire sur la Syrie. Moscou en a annoncé la suspension après la destruction d'un chasseur syrien par un avion américain.

Ce canal «a très bien fonctionné sur les huit derniers mois», a affirmé lundi le chef d'état-major inter-armées américain, le général Joe Dunford. «Nous allons travailler dans les prochaines heures sur le plan diplomatique et militaire pour rétablir» ces communications entre les quartiers généraux russe et américain au Moyen-Orient.

Impliqué militairement au côté du régime du président syrien Bachar el-Assad, Moscou a annoncé lundi la suspension des canaux de communication avec les Etats-Unis sur la prévention des incidents aériens en Syrie. ll a accusé Washington de n'avoir pas «prévenu» l'armée russe qu'elle allait abattre l'avion.

Son ministère de la Défense a indiqué que les «avions et les drones de la coalition internationale repérés à l'ouest de l'Euphrate seront suivis et considérés comme des cibles par les moyens terrestres de défense antiaérienne et par les moyens aériens».

Riposte

La coalition a affirmé qu'il s'agissait d'une riposte à des frappes aériennes sur les Forces démocratiques syriennes (FDS - alliance de combattants antidjihadistes arabes et kurdes) soutenues par les Etats-Unis.

La tension est encore montée d'un cran avec les tirs par l'Iran - un autre allié du régime de Damas - pour la première fois dimanche de missiles contre des cibles de l'EI en Syrie. Ces deux événements «soulèvent plus généralement notre profonde inquiétude sur le risque d'une possible erreur de jugement ou d'escalade militaire en Syrie», a déclaré lundi le porte-parole de l'ONU, Stéphane Dujarric.

«Nous pensons que le risque est accru lorsque les efforts de lutte contre le groupe EI et d'autres groupes terroristes ne sont pas associés à la recherche d'une solution politique» aux six années d'un conflit qui a causé la mort de plus de 320'000 personnes, a souligné Stéphane Dujarric.

Désescalade

L'incident s'est déroulé à une quarantaine de kilomètres au sud-ouest de la ville de Raqa, chef-lieu de la province éponyme et principal fief du groupe EI en Syrie, que les FDS tentent de capturer depuis des mois.

Le Pentagone a précisé que les Etats-Unis avaient adapté leurs opérations aériennes en Syrie suite à la montée des tensions provoquée par l'incident de dimanche. «Nous voulons parvenir à une désescalade de la situation» mais «nous garderons toujours notre droit à l'autodéfense», a souligné pour sa part le porte-parole de la Maison Blanche Sean Spicer.

Dans la même zone de l'incident, des affrontements ont opposé dimanche soir pour la première fois des troupes prorégime et les FDS, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH). Les combats avaient cessé lundi.

D'après Sam Heller, un expert de la Syrie auprès de The Century Foundation, ces incidents doivent être considérés comme isolés. «C'est le régime qui s'est engagé dans une provocation et puis un commandant américain a réagi par autodéfense. Le régime s'est approché trop près et s'est brûlé les doigts», dit-il.

Cette escalade survient au moment où les troupes syriennes se trouvent dangereusement proches de zones contrôlées par des forces soutenues par les Etats-Unis, aussi bien dans le nord que dans le sud-est syrien.

Forces rivales

L'armée syrienne progresse sur trois fronts - nord, centre, sud - et se dirige vers la province de Deir Ezzor (est), qu'elle espère reprendre au groupe EI, après avoir chassé les djihadistes de plusieurs localités.

Bien qu'elles luttent toutes les deux contre le groupe EI, les troupes du régime et les FDS sont des forces rivales.

Déclenchée par la répression de manifestations pro-démocratie, le conflit en Syrie a dévasté le pays et provoqué le déplacement forcé de plus de la moitié de la population. (nxp/ats)

(NewsXpress)

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