Pakistan: Week-end meurtrier

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Au moins 43 personnes ont été tuées samedi et dimanche au Pakistan, victimes de deux attentats suicide et d'un tir de missile américain.

Le deuxième attentat suicide a fait au moins 22 morts et 35 blessés dimanche dans la province du Pendjab.

L'attaque a eu lieu alors que 2000 fidèles de la minorité chiite étaient rassemblés pour une cérémonie, dans un centre religieux de Chakwal, à une centaine de kilomètres au sud de la capitale Islamabad. Le kamikaze a fait exploser sa bombe à l'entrée de l'enceinte.

«Il y avait une interruption dans la cérémonie, des gens sortaient, d'autres entraient, quand soudain un jeune homme a foncé vers la foule», a raconté un témoin, Amjad Hussain. «Quand les gardes ont essayé de l'arrêter à la porte, il s'est fait sauter.»

Le chef régional de la police, Nasir Khan Durrani, a fait état de 22 morts et de 35 blessés. Il a précisé que le bilan aurait été bien plus lourd si l'homme avait réussi à pénétrer dans la foule des fidèles.

Un drone américain fait 13 victimes

Cet attentat est intervenu au lendemain d'une attaque qui a coûté la vie à huit soldats lors d'une opération suicide contre un poste des services de sécurité pakistanais de la capitale.

Samedi également, un drone de l'armée américaine a tiré un missile sur un repaire de militants islamistes, dans la région du Nord-Waziristan, proche de la frontière de l'Afghanistan. Treize personnes sont mortes.

Les talibans pakistanais avaient menacé la semaine passée de commettre de nouveaux attentats, notamment à Islamabad. Ils ripostent aux tirs de missiles américains contre des repaires des talibans et du réseau Al-Qaïda dans les zones tribales du nord-ouest du pays.

Le 20 février déjà, un kamikaze avait fait exploser sa charge explosive à Dera Ismail Khan, dans le nord-ouest du pays, tuant 27 personnes qui assistaient aux obsèques d'un chiite assassiné la veille.

Les violences entre sunnites et chiites ont beaucoup augmenté depuis plus d'un an. Les régions proches de la frontière afghane sont particulièrement touchées, là où opérent Al Qaïda et les militants talibans, issus de la majorité sunnite.

Responsable de l'ONU libéré

Le fonctionnaire américain de l'ONU John Solecki a lui été libéré samedi après avoir été l'otage de séparatistes deux mois durant dans le sud du Pakistan. Il est arrivé dimanche dans la base de Bagram, principale base de l'armée américaine en Afghanistan, a annoncé cette dernière.

M.Solecki, chef de l'antenne du Haut commissariat de l'ONU aux réfugiés (HCR) pour la province du Baloutchistan (sud-ouest du Pakistan), avait été enlevé le 2 février à Quetta, la capitale du Baloutchistan, par des hommes armés qui avaient tué son chauffeur.

(ats)

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